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"Si tous les éleveurs retiennent leurs animaux, cela fera poser des questions aux abattoirs"

Adèle Magnard

"Si tous les éleveurs retiennent leurs animaux, cela fera poser des questions aux abattoirs"

La Confédération paysanne fait front commun avec la FNSEA pour appeler les éleveurs bovins à retenir leurs animaux dans les fermes, afin de dénoncer les prix de vente inférieurs aux coûts de production. Une initiative qui pourrait porter ses fruits, a reconnu le ministre de l’Agriculture.

« La Confédération paysanne rejoint l'appel lancé par la FNB [Fédération nationale bovine] et les JA [Jeunes agriculteurs] et incite les éleveurs pris au piège de filières longues inéquitables à retenir leurs animaux », a fait savoir la Confédération paysanne dans un communiqué le 17 avril. « Cette action ne vise en aucun cas à mener le pays vers la pénurie, mais bien à alerter au sujet d'une situation devenue intenable pour les éleveurs et les éleveuses », indique le syndicat.

Le 15 avril, la section viande bovine de la FNSEA avait appelé les éleveurs à « retenir les animaux à la ferme » pour protester contre les prix payés aux éleveurs « très en dessous de leur coût de production ». « C’est malheureusement la seule option qui nous reste aujourd’hui », avait indiqué le président de la FNB, Bruno Dufayet.

« Les industriels et la grande distribution continuent leurs pratiques malsaines de baisse des prix, en achetant aux producteurs bien en deçà du prix de revient, abonde la Confédération paysanne. Ce faisant, ils mettent en péril la viabilité des élevages sur tout le territoire. »

Pas de prix minimum garanti

Fin mars, la FNB avait demandé au ministre de l'Agriculture Didier Guillaume d'instaurer « pendant toute cette période d'état d'urgence sanitaire (...) un prix minimum payé aux éleveurs » à hauteur de leur coût de production.

Une demande écartée par le ministre de l’Agriculture lors de son audition à la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale le 16 avril. « Ce n’est pas l’Etat qui peut fixer un prix garanti », a-t-il argué. « Un prix garanti par un marché équilibré, pourquoi pas, mais des prix d’intervention où l’argent public viendrait durablement entériner le déséquilibre, je pense que ce n’est pas une bonne mesure », a-t-il poursuivi.

Le problème du prix de la viande bovine payé aux éleveurs n’est pas lié au Covid-19, a rappelé le ministre. « C’est un problème global de l’organisation de la filière ». Et de reconnaître l’effet que pourrait avoir la rétention des animaux dans les fermes : « Si tous les éleveurs retiennent leurs animaux, cela fera forcément poser des questions aux abattoirs, a reconnu le ministre. Mais je ne sais pas si c’est possible ».

Dans son communiqué, la Confédération paysanne indique être en faveur d’une régulation « au long cours », poursuivie au-delà de la crise. Le syndicat « souhaite convaincre les responsables politiques de la nécessité d'une régulation et une répartition des volumes par actif dans l'objectif d'avoir un meilleur prix et plus de paysans demain ».

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Commentaires 15

Panurge79

Je partage tout à fait la réflexion d'@Alex. Avec le confinement, les circuits courts font leurs choux gras, et les premiers à innover depuis quelques années ont capté une clientèle rémunératrice. Mais, c'est un marché comme un autre, lorsqu'il sera saturé, les effets seront les mêmes, certains en ont déjà fait les frais. De là, à faire croire que c'est la recette miracle pour sauver l'agriculture française, par l'individualisme, que c'est en sifflant la fin de la coopération et du syndicalisme que les agriculteurs seront mieux servis, je crois que certains se mettent le doigt dans l'oeil jusqu'à l'os. Je suis convaincu de la puissance du collectif par rapport à l'individuel, les agneaux de Pâques, cette année, en sont un bel exemple, s'il n'y avait eu que la vente directe, les bergeries seraient pleines...

JEFF

je ne crois pas que ce soit la solution de retarder les sorties car quand les animaux sortiront cela pèsera sur les prix par l offre importante et quand une exploitation a besoin de tresorerie a un moment donner faut vendre......

marin 347

j ai toujours dis qu ils fallait pas faire confiance au industriel que ce soit en viande legumes ou autres

bisounours

le gouvernement prétend vouloir la souveraineté alimentaire :
Très bonne nouvelle !
- Banco !!!

Mais "en même temps ", il signe des accords pour rentrer de la viande ..
Pour faire baisser les prix !

- Que l'on bloque les importations !!
Non , les prix augmenteraient ..

Merci , les gouvernements et la FNB , de nous défendre depuis si longtemps ,
et si bien ....!!

Viandar

@alex, je prétend pas que c’est la solution pour tout le monde, mais dans mon cas c’est pas mal, j’ai divisé lz troupeau en deux, je suis autonome en tout et question temps de travail c’est pas pire qu’avant. Le temps a été réorienté sur des taches de commercialisation.

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