anonymous

Des pratiques en cohérence avec les attentes sociétales

15 UNION DU CANTAL

Christine Roguet de l’Ifip a étudié le potentiel des élevages du Massif central et fait part de ses conclusions aux adhérents de la Capp.

La Capp confortée dans ses choix stratégiques, après la vision prospective de l’avenir des élevages à l’échelle Massif.

Une amélioration spectaculaire

L a conjoncture s’est améliorée ces derniers temps de manière spectaculaire. La récente crise en Chine enfonce le clou : frappé par la PPA (peste porcine africaine), ce pays a dû massivement importer et les marchés mondiaux s’en sont trouvés tirés vers le haut. “Un bol d’oxygène tant pour les éleveurs que la coop, et qui nous permet de remettre en place notre principe de caisse de péréquation, qui servira de soutien quand la conjoncture sera moins favorable”, expliquent en tandem Jean-Luc Doneys et Benoît Julhes, respectivement directeur et président de la Capp. De quoi rassurer les nouveaux projets d’installation ou de développement : entre six et sept sont en cours d’agrandissement, un à deux pensent aussi à produire bio. 

Des prix

Lors de l’assemblée générale, la Capp a rappelé l’évolution des prix de ces dernières campagnes. Le cadran breton atteint 1,491 € de moyenne en 2019, bien qu’ayant démarré l’année sur le taux moyen de 2018 à 1,197 €, mais soutenu par les mois de septembre à décembre, car depuis le cours tangente les 1,7 € ! Du jamais vu depuis 1992... 

E n matière de production porcine, le Cantal s’inscrit parfaitement dans ce que le Massif central peut proposer de plus qualitatif. Des marges de manœuvre restent possibles et il va falloir veiller à garder le métier attractif pour s’assurer du renouvellement des générations. Autant de raisons qui ont poussé les responsables de la Coopérative agricole de producteurs de porcs (Capp) a demander à Christine Roguet, économiste à l’Ifip(1) d’intervenir lors de leur assemblée générale, mardi 18 février, à Polminhac.

“L’évolution de nos élevages doit se faire en fonction de deux composantes : la comparaison aux autres modèles, des régions françaises, d’Europe et même du monde, et les mettre en parallèle avec les attentes de la société”, explique la spécialiste, sans jamais perdre de vue que les trois quarts des exploitations qui ont un atelier porcin élèvent aussi des bovins. “Cela s’explique par la forte propension herbagère et par les complémentarités que l’on peut y trouver, sur la gestion des effluents et, bien sûr, sur le plan économique”. C’est tout l’objet du programme de recherche Aporthe(2).

Moins de volume, mais plus de valorisation

Christine Roguet précise cependant qu’une ferme qui a, par exemple, 70 vaches allaitantes et 110 truies, ne pratique pas la politique du “bout à bout”, mais gère les deux ateliers comme deux petites exploitations individuelles. Un constat d’autant plus vrai dans les structures juridiques de type Gaec. Ingénieux, rentable et répondant bien aux attentes sociétales, le modèle porc et lait a autant d’atouts (et même encore davantage en cas de transformation fermière, par exemple sur la valorisation du petit lait). C’est pourtant le modèle le plus fragile en termes de transmission, même si les deux tiers des ateliers porcins n’ont pas de truies et font appellent à des maternités collectives ou des groupements. Quant aux autres, ils ont en moyenne 100 truies, deux fois moins qu’au niveau national. 

“Moins de volume, mais davantage de valorisation. Le coût de production plus élevé est atténué par une différenciation captée par des démarches comme le Capelin, les signes officiels que sont les IGP ou encore la transformation à la ferme que pratique un engraisseur sur cinq”, révèle l’économiste de l’Ifip. Les études plus finement conduites par le programme Aporthe vont s’avérer nécessaires pour fournir la matière et les connaissances à même de maintenir et développer les élevages de porcs dans nos départements de montagne.

Quatre axes de travail

Christine Roguet a résumé en conclusion les quatre enjeux auxquels la filière sera rapidement amenée à répondre : la transmission des exploitations qui ont un atelier porc (40 % ont un chef d’exploitation de plus de 55 ans) ; une communication positive pour rendre le métier toujours plus attractif (à l’image de la Journée porc organisée chaque année auprès des lycées d’Aurillac) ; s’assurer d’un approvisionnement pérenne en porcelets (puisque la tendance est à l’arrêt de la truie) ; lutter contre la déprise (ce qui rejoint la totalité des autres points) qui a pour conséquence une moindre émulation et un poids politique qui s’affaiblit.

Un travail d’autant plus nécessaire que, déjà, la région Massif central est déficitaire, consommant davantage qu’elle ne produit.

(1) L’Institut français du porc a pour mission d’accompagner les organisations professionnelles de la filière porcine.

(2) Aporthe : Atouts de la complémentarité porcins et bovins dans les territoires herbagers du Massif Central. 

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires