anonymous

Tomate : 2019, une année à rebondissements

PARIS Le réseau CERFRANCE

Tomate : 2019, une année à rebondissements

Dans un contexte de maintien des surfaces en production, l’année 2019 est atypique sur le plan des cours des produits. Après avoir craint le pire en mai, le bilan de campagne se solde sur une note positive. Au-delà des cours, la filière a été tiraillée par des questionnements sur le mode de production de la tomate bio.

Des surfaces stables

Selon les estimations de septembre 2019, les surfaces nationales implantées en tomates pour le marché du frais seraient de 2 300 ha, stables sur un an et par rapport à la moyenne 2014-2018. Une diminution s’observerait pour les bassins Centre Ouest et Sud-Est alors que le bassin Sud-Ouest afficherait une hausse sur un an.

La production nationale destinée au marché du frais de la campagne 2019 est estimée à 520 000 tonnes, soit un niveau proche de l’année 2018. Toutefois, des disparités sont observées entre les bassins de  production, le Sud-Est enregistrerait une baisse de production alors que toute la façade ouest, depuis la Bretagne jusqu’à l’Aquitaine, présenterait des progressions de l’ordre de 3 à 5 %. La production est assurée à plus de 90 % sous serres. Le potentiel de production a été affecté par les épisodes caniculaires de l’été. En effet, malgré les protections, une partie des bouquets floraux ont été touchés, conduisant à une atténuation de la production sur juillet et août.

Tomate : 2019, une année à rebondissements

Des cours sous forte pression en début de campagne

Après un début de campagne 2019 contrasté avec des cours fermes en février puis en recul en mars et avril, pénalisés par la météo peu encourageante et la pression de la concurrence espagnole et marocaine, la conjoncture de mai se dégrade fortement. Avec la montée en production des serres de tous les bassins, une offre conséquente arrive sur le marché alors que la demande est peu dynamique, minée par la météo maussade. Le marché est en déséquilibre et les prix sont au plus bas pour l’ensemble de la gamme, variétés anciennes comprises. En mai, le Réseau des Nouvelles des Marchés déclare la tomate en crise conjoncturelle pour sept jours consécutifs. Cette situation entraîne de nombreux retraits, des lots sont détruits et d’autres sont donnés aux associations. Le mois de juin 2019 voit la tendance s’inverser nettement grâce au retour des températures estivales activant fortement la demande. Les engagements pris en variétés Grappe et Ronde viennent animer un peu plus le marché. Pour le mois de juin, alors que la canicule vient encore appuyer la consommation, les prix sont exceptionnellement élevés, en progression de presque 50 % sur un an. La tendance s’est poursuivie sur juillet et août. La fin de campagne (septembre et octobre) reste bonne avec des cours proches de la moyenne quinquennale. En synthèse, le chiffre d’affaires 2019 des exploitations spécialisées devrait donc être proche de 2018, bien que les épisodes caniculaires aient affecté la production de l’été.

Oui au bio chauffé mais pas avant le 30 avril

Le débat ente les acteurs de la filière a été tranché par le ministère de l’Agriculture en juillet 2019 : les producteurs français de fruits et légumes bio sous serres pourront continuer de chauffer, mais ne pourront pas commercialiser leur production en hiver, limitant de fait l’utilisation de cette pratique au reste de l’année, une décision qui met fin à une bataille rangée depuis un an entre acteurs historiques du bio et producteurs souhaitant accélérer son développement. Les produits bios sous serres chauffées ne pourront pas être commercialisés entre le 21 décembre et le 30 avril. Cette mesure laisse perplexe une partie des acteurs qui voient là une position un peu trop fermée qui ne tient pas compte des différences de climat à l’échelle de l’hexagone. En effet, les dates sont identiques que l’on soit dans le sud-est ou dans le nord de la France. Par ailleurs, quelle sera l’origine des produits bio que le consommateur voudra acheter en avril ? D’où viendra l’importation ?

Le Label « Zéro Résidu de Pesticides »

Dans ce contexte, certains opérateurs proposent une troisième voie entre la culture « conventionnelle » (qui représente en France plus de 90 % des fruits et légumes) et la culture Bio. Avec 6 % des surfaces cultivées en Bio, la France ne peut pas encore répondre à l’augmentation de la demande. Des exemples : le « zéro résidu de pesticides » ou le « sans pesticides ». Ce sont des démarches privées, portées par des producteurs volontaires. Il ne s’agit pas d’un label officiel de qualité tel que le Label Rouge ou le Label Agriculture Biologique. L’absence de résidu est déterminée, pour chaque substance active

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire