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Blé : la campagne d’exportation française bat son plein

Adèle Magnard

Les blés français et européens sont compétitifs

Au 9ème mois de campagne, le volume des exportations françaises de blé tendre vers les pays tiers a rattrapé le total exporté en 2017-2018. L’Algérie reste notre principal importateur, mais le flou politique rend l’avenir des relations commerciales incertaines.

Les exportations françaises de blé tendre vers les pays tiers sont estimées par FranceAgriMer à 9,7 millions de tonnes pour 2018-2019, soit une hausse de près de 20% par rapport à la campagne précédente. « On observe une très belle progression des exportations françaises », note Rémi Haquin, président du conseil spécialisé pour la filière céréalière. Le niveau d’embarquement au mois de mars a atteint des sommets, avec 1,5 millions de tonnes embarquées, et 613 .00 tonnes pour les premiers jours d’avril. « La compétitivité des blés européens est très bonne en cette deuxième partie de campagne et les exportations de la Russie s’essoufflent », explique Simon Trauet, chargé d’études économiques dans l’unité 'Grains et sucre' de FranceAgriMer. Au total, 7,8 millions de tonnes de blé étaient exportées au 8 avril vers les pays-tiers. 

Incertitudes commerciales

L’Algérie reste le principal pays importateur des blés français, avec 4,5 millions de tonnes livrées à ce jour. Mais si ce volume reste conséquent, le flou demeure quant au comportement du pays pour la fin de la campagne. « Le changement politique pourrait avoir une influence sur la demande algérienne dans les mois qui viennent, expose Rémi Haquin. On ne sait pas quelles seront nos relations avec le prochain gouvernement ». Ces incertitudes ont poussé les experts à maintenir leurs estimations d’exportations vers les pays tiers sous la barre des 10 millions de tonnes. 

Au 8 avril, la France avait également exporté 922.000 tonnes de blé vers le Maroc et 378.000 tonnes vers l’Egypte, pays qui avait boudé l’origine France lors de la dernière campagne. Cependant, des difficultés de déchargement semblent compliquer l’exportation vers ce pays : un cargo de blé français (63.000 tonnes) vient d’être refusé en raison d’un taux d’ergot trop élevé (0,1% au lieu de 0,05% accepté par l’office égyptien d’importation des céréales). Les pourparlers sont en cours. « Un bateau de blé roumain avait également été refusé en mars après contrôle qualité des autorités », fait savoir le cabinet Agritel dans sa note de décryptage quotidienne.

Bon potentiel pour 2019

Pour la prochaine campagne, FranceAgriMer estime que les signaux sont positifs. Selon un sondage Céré’Obs, les conditions de culture du blé tendre en France sont notées « bonnes à très bonnes » à 84%, contre 78% l’an dernier à la même période.

Au niveau européen, « la production européenne de blé devrait revenir à des niveaux habituels », indique Simon Trauet. La Commission européenne a estimé la récolte 2019 de blé tendre à 140,2 millions de tonnes, contre 128,7 l’an dernier. « La sécheresse qu’a connu l’UE en 2018 était très particulière car elle a touché les pays du Nord, analyse-t-il. Cette année, nous devrions revenir à une situation plus ‘normale’, avec un déficit hydrique plus marqué dans les pays du Sud »

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