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Blé : une très bonne récolte française malgré la canicule…

PARIS Le réseau CERFRANCE

La production française dépasserait les 38 Mt soit 14 % de plus que l’an passé. Avec une haussedes surfaces de 5Mha (+2,8 %) et un rendement supérieur à 7,6 t/ha (la moyenne sur 5 ans estde 7,0 t/ha), ce serait ainsi la deuxième plus grosse récolte derrière celle de 2015.

Blé : une très bonne récolte française malgré la canicule…

La canicule et les épisodes de sécheresse n’auront donc pas eu l’impact négatif que l’on craignait avant la récolte, hormis dans la région de la Limagne qui a souffert d’une grave sécheresse persistante depuis le début de l’année. Face à l’ampleur de la récolte, quelques organismes stockeurs ont même connu des difficultés de logistique. De plus, la qualité est aussi au rendez-vous. Le taux de protéines, handicap quasi récurrent à l’export pour les blés français, dépasse 11 % pour 90 % des volumes ; le poids spécifique et l’indice Hagberg sont également très bons. 55 % des blés seront ainsi classés « Supérieur » et 26 % « Premium ».

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…mais la récolte mondiale est, elle aussi, très bonne.

Avec 75 à 76 Mt récoltés, la Russie devrait signer sa deuxième meilleure récolte après son record de 2017 de 85 Mt. L’Ukraine devrait atteindre son plus haut niveau de production avec 29 Mt. Quant à l’Argentine, elle s’apprête à engranger 20,5 Mt. Autant dire qu’aucune pénurie n’est à prévoir sur le marché mondial du blé pour cette campagne. Les stocks mondiaux devraient s’accroître cette année de 10 Mt pour atteindre 285 Mt, dépassant le niveau de 2017 de 281 Mt. N’oublions pas que la Chine possède à elle seule la moitié de ces stocks mondiaux et qu’il est plus pertinent de regarder le niveau de stocks des principaux exportateurs pour appréhender l’évolution du marché. Dans les huit pays concernés, ce stock de fin de campagne est estimé entre 60 et 61 Mt, niveau similaire à la campagne précédente, malgré une nette hausse de la production.Les pays exportateurs ont donc des volumes importants à écouler sur les marchés internationaux. Stocks de fin de campagne des 8 plus gros exportateurs mondiaux

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Une concurrence féroce sur le marché international

Depuis le début de la campagne, la compétition est rude. Comme d’habitude, la Russie, et maintenant l’Ukraine (devenue très compétitive), se sont accaparées les premières transactions. Cependant, et contrairement à l’an passé à la même époque, les blés français sont relativement bien placés dans la course à la faveur d’un  marché déprimé et d’une parité euro/dollar très favorable (la parité oscille depuis début septembre entre 1,10 et 1,11 $). En effet, la glissade des cours du blé (graphique 1) depuis le début du mois de juillet a permis de se positionner à un niveau proche de la concurrence Mer Noire et de remporter des appels d’offres. On peut ainsi espérer que le volume des exportations françaises, encore trop modestes actuellement, augmente dans les mois à venir, car il faudra que la France exporte plus de 7 Mt vers l’Union Européenne et plus de 11 Mt (contre 9,8 Mt en 2018-2019) vers les pays tiers pour éviter un stock excessif en fin de campagne.

Changement de stratégie des opérateurs ?

Souvent dénoncée ces derniers temps, la stratégie attentiste des opérateurs français en début de campagne semble avoir laissé la place à une stratégie beaucoup plus agressive en début de campagne 2019. Compte tenu du volume récolté en France et des perspectives d’arrivée de l’Argentine sur le marché mondial au début 2020, il est essentiel de réaliser des exports conséquents en début de campagne pour ne pas engorger le marché par la suite et connaître un effondrement des prix comme cela s’est déjà produit par le passé.

Même si les producteurs déploraient en septembre un prix départ ferme de 30 à 40 €/t inférieur à celui de la précédente campagne à la même époque, c’était certainement le prix à payer pour préserver nos parts de marché ultérieures et démarrer une campagne 2020-2021 sous des auspices relativement favorables. Mais ne fallait-il pas profiter des opportunités de marché de l’hiver dernier ou juste avant moisson pour positionner une partie de la récolte à des prix au-dessus du coût de production ?

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Article extrait de la Veille économique - Nov. 2019 - Thierry Lemaître - Cerfrance

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