anonymous

Climat : menaces sur les principaux greniers à blé de la planète

Pleinchamp avec l'AFP

Climat : menaces sur les principaux greniers à blé de la planète

Les principaux greniers à blé mondiaux sont sous la menace de conditions extrêmes qui pourraient les frapper en même temps, causant une chute spectaculaire de la production aux conséquences risquées, avertissent deux études publiées le 10 décembre.

En 2007/2008, de nombreux pays d'Asie et d'Afrique avaient connu des émeutes de la faim après une augmentation brutale des cours des denrées agricoles alimentaires, notamment des céréales dont les prix avaient presque doublé. Or le changement climatique laisse planer la menace de mauvaises récoltes simultanées dans les principales régions de production mondiales, ce qui pourrait empêcher de pallier les déficits d'une partie du monde en important depuis une autre, et pourrait donc causer le même type de conséquences, selon deux études parues dans la revue Nature Climate Change.

Dans la première, des chercheurs de l'institut IIASA basé en Autriche ont étudié les chiffres de production de l'Agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) pour de grandes zones de production (Etats-Unis, Argentine, Europe, Ukraine/Russie, Chine, Inde, Australie et Brésil) représentant, en 2012, 56% de la production mondiale de blé, 56% de celle de maïs, 73% du soja et 38% du riz. Pour les trois premières cultures, l'analyse montre "une augmentation significative de la probabilité" de mauvaises récoltes liées au climat dans plusieurs régions productrices en même temps, expliquent les auteurs.

Pertes de production

Ainsi pour le soja, qui supporte mal les températures supérieures à 30 degrés : 1,2% des journées ont dépassé ce seuil dans toutes les principales provinces de production chinoises en même temps sur la période 1967/1990, contre 18,4% sur la période 1991/2012. Si toutes les régions productrices de soja dans le monde subissaient de tels aléas en même temps, les pertes de production pourraient s'élever à 12,55 millions de tonnes, contre 7,2 millions en 88/89, une des pires années enregistrées, calculent les auteurs. "Les chocs climatiques subis par la production agricole contribuent aux pics de prix et à la famine et pourraient déclencher d'autres risques systémiques, comme des troubles politiques ou des migrations", avertit l'auteure principale, Franziska Gaupp.

Dans une autre étude, des chercheurs, notamment de l'Institut sur le changement climatique de Potsdam (Allemagne), mettent en garde sur un risque "multiplié par 20" de canicules simultanées affectant des zones de production de l'hémisphère Nord, en raison de modifications des régimes des "courants-jet" (ou jet stream), vents de très haute altitude qui jouent notamment un rôle important dans la formation des dépressions. Des événements qui pourraient toucher en même temps des zones représentant jusqu'à un quart de la production mondiale, selon les chercheurs. "Nous allons voir de plus en plus de canicules de plus en plus sévères frappant des régions différentes en même temps. Ce qui peut affecter la disponibilité en nourriture non seulement dans les régions affectées mais dans des régions plus lointaines qui peuvent enregistrer pénuries et augmentations des prix", relève Jonathan Donges, un des co-auteurs.

Sur le même sujet

Commentaires 15

Etama

Si pour une fois au moins ces fameux experts pouvaient avoir raison , ce serait une excellente chose que 2 à 3 années de pénurie de denrées alimentaires histoire de rouvrir les yeux aux sociétés occidentales constituées de consommateurs toujours trop gâtés , au ventre repus et incapables d'imaginer une seule seconde que le manque puisse exister .

causse rouge

et ce n est pas fini.il y a 50 ans en france on mangeait du pain en asie du riz en afrique du manioc etc aujour d hui on veut tout uniformiser d ou des echanges mondiaux délirants pronés par des lobbys avides de fric responsables en grande partie du dérèglement climatique et de la crise paysanne.quand je pense que la FNSEA les chambres d agrisont fiers de trouver en Chine une niche pour exporter porcs et volailles grace aux epidémies qui y sévissent!!!face a la catastrophe je ne comprends pas pourquoi les chefs d état ne s entendent pas pour commercer moins ilvont tuer la planète.

BANANE381

Une société qui n'a plus de respect s'en va vers une instabilité grandissante, logique implacable !

POTEAU3716

quoi que certain en disent , c'est pas forcement une mauvaise nouvelle , mais plutot un bonne pour faire progresser les cours des produits agricoles .

pour les détracteurs de mon idée ; l'argument du prix haut des matières premieres pour dire que certaine population ne mange pas a leur faim est mensonger , car meme lorsque les cours du blé étaient aux alentours de 85 euros tonnes ( si si ,cela a exister ) crevait la faim aussi .

hetre humain

quand arrive la moisson en europe il y a surproduction théorique et quand les jours passent et que la récoltes est vendue à plus de 50% on nous informe que la planète est en manque ou risque d etre en manque de denrées agricole nous sommes dans un systeme politique vraiment pourrie

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier