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Météo des marchés : soleil sur le blé

Anne Sophie LESAGE

Pluie ou soleil sur les marchés agricoles ? Dans ce rendez-vous mensuel, les experts CACEIS analysent l'évolution des marchés agricoles (céréales et oléoprotéagineux).

Sur le blé la météo est plutôt ensoleillée. Aux États-Unis ce sont les conditions de culture des blés d’hiver qui préoccupent les opérateurs cette semaine. La proportion de blés d’hiver notés « bons à excellents » ressortait à 52%. Même chose en Argentine où les notations de culture se sont fortement dégradées. La production de blé du pays est revue en baisse et désormais attendue autour de 18/19 millions de tonnes. Côté Mer noire, le dernier achat par le GASC de blé russe et ukrainien mettait fin à l’érosion des prix FOB du bassin mer noire. 

Enfin en France, les semis en blé tendre restaient eux aussi en retard. Cela conjugué à de fortes pluies sur l’ouest de l’Europe et une absence chronique de vendeurs contribuaient à raffermir le blé échéance Décembre sur Euronext qui repassait au-dessus des 180€/t. Les prix du blé français sont ainsi remontés au niveau du blé argentin à destination de l’Algérie. Il serait donc probable de revoir l’origine argentine sélectionnée dans les prochains appels d’offres de l’OAIC. Les cours du blé sur Chicago rebondissaient enfin sur le niveau des 5$/boisseau pour revenir autour des 5.30$ cette semaine.

En maïs météo plutôt ensoleillée également. Aux États-Unis, les récoltes de maïs accusent encore du retard à cause des récentes pluies. D’après l’USDA, seuls 84% des maïs étaient récoltés le week-end dernier. Les neiges déjà arrivées sur la partie Nord du pays pourraient empêcher les agriculteurs de poursuivre leurs récoltes, constituant un vrai risque de perte de production. Les chiffres d’utilisation pour la filière éthanol ainsi que les exports sont en net retrait : -57% d’export par rapport à l’année dernière. A l’inverse au Brésil, les exportations à un rythme infernal, désormais estimées à un record de plus de 40 millions de tonnes, conjuguées à une consommation domestique solide entrainent les prix intérieurs très élevés, ce qui pourrait même pousser à terme les opérateurs à importer.

Sur le complexe oléagineux la météo reste mitigée. En effet, la graine de soja n’en finit plus de chuter et perdait près de 8% depuis la mi-octobre, pour atteindre un plus bas cette semaine autour des 8.82$. Ceci s’explique principalement par les incertitudes qui demeurent toujours vives en ce qui concerne la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis et des achats chinois qui restent en-dessous des attentes des opérateurs. La graine de colza a connu une progression inverse à celle du soja, avec notamment une forte progression depuis la mi-octobre.

En France ce sont les conditions météo très sèches qui ont empêché de semer de nombreuses parcelles, dans un contexte de bilan déjà très tendu sur la campagne actuelle. Dans un même temps, une grève ferroviaire au Canada empêchait aussi le transport de graines notamment vers l’Europe. La situation se détendait récemment avec d’une part l’arrêt des grèves au Canada, d’autre part avec l’arrivée des pluies qui ont permis d’améliorer les conditions des cultures, avec des surfaces en Allemagne et en France proche des niveaux de l’année dernière.

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