Commercialiser ses produits en circuits courts

Partie 3/7

Estimer et financer son projet de vente directe

A l’instar de tout projet entrepreneurial, le développement de votre nouvelle activité de commercialisation au sein de votre exploitation sera conditionné par l’investissement financier que vous consacrerez. Afin d’analyser vos besoins et de calculer au mieux le montant de votre financement, vous serez amené à construire un business plan concis et structuré qui appuiera votre demande de financement auprès des banques.

Pour Marie Barré, responsable du pôle Qualité et Processus chez Cogedis, « l’étude de faisabilité doit tenir compte des aspects techniques, commerciaux, financiers, juridiques, fiscaux et sociaux de votre projet de vente en circuit court ».  

Pour monter convenablement le dossier de financement de votre projet, vous pouvez faire appel à des bureaux d’études et de conseil spécialisés dans le montage de projets alimentaires de proximité. « Les possibilités de subventions et de financement sont multiples, mais seul le montage d’un dossier solide et pérenne permettra d’en bénéficier », explique Pierre Alain Mory, directeur de Dix Autrement, cabinet d’expertise spécialisé dans le domaine de la distribution et des innovations alimentaires de proximité. Cette structure accompagne notamment les porteurs de projets de commercialisation en circuits courts ou de proximité. « Nous intervenons pour la modélisation économique du projet, le plan financier, et l’évaluation de la rentabilité du projet », ajoute Pierre Alain Mory.

"Si le projet est monté convenablement, le retour économique est assuré."

« Il faut rappeler les points de vigilance à l’agriculteur, la vente directe ce n’est pas seulement un engagement social et environnemental, insiste Claire Coquillat, experte marketing pour le marché de l’Agriculture au Crédit Agricole. Il y a des frais et des coûts connexes souvent à prendre en considération. Si le projet est monté convenablement, le retour économique peut être assuré ». S’engager dans un projet de circuit court et en vente directe exige un investissement financier parfois conséquent avec de nouvelles lignes budgétaires à anticiper. « La casquette de commerçant s’ajoute au statut de producteur, cela peut impliquer par exemple des frais en communication et en marketing qui s’additionnent à vos charges existantes », poursuit-elle.

La logistique, les équipements et les aménagements en magasins sont souvent des postes onéreux, difficiles à assumer la première année, particulièrement dans le cas d’une faible capacité d’auto-financement. « Il existe un prêt adapté pour accompagner chaque projet au plus près de son contexte, rassure Claire Coquillat. Nous proposons une gamme complète de solutions avec notamment des prêts à moyen terme pour soutenir à la fois la capacité de financement et le besoin d’investissement. »

Des subventions sur les territoires

Au-delà des solutions bancaires classiques, de nombreuses structures et collectivités territoriales soutiennent le développement de projets en faveur d’une alimentation durable et/ou locale. Plusieurs initiatives existent et les cahiers des charges pour obtenir les subventions diffèrent évidemment selon les territoires et les objectifs. Nous vous invitons à vous rapprocher de votre chambre d’Agriculture ou de vos collectivités territoriales (départements, régions, etc…) pour découvrir les subventions auxquelles vous pouvez être éligibles. En effet, le Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural (FEADER) a mis en place des enveloppes de dotations pour l’aide à la mise en place et au développement de circuits courts et de marchés locaux. Ces enveloppes sont ensuite gérées localement par les régions. Les subventions sont généralement plafonnées et vous engagent : des contrôles sont réalisés à posteriori pour vérifier la bonne utilisation des fonds.

Oser le financement participatif

Si vous avez la fibre de la communication et un bon réseau, vous pouvez également vous tourner vers  le financement participatif sur différentes plateformes telles que Miimosa ou Blubees. « Les financements participatifs fonctionnent relativement bien, considère Pierre Alain Mory, directeur de Dix Autrement. Il y a une dimension sociale extrêmement forte, surtout si le réseau du producteur est ancré dans un territoire impliqué dans le développement de projets en circuits courts. Un agriculteur avec un projet de vente directe peut obtenir jusqu’à 20 000 euros en financement participatif, à condition de bien exposer son projet ».

 

>> On continue ? Alors cliquez ici pour accéder au chapitre 5 : Zoom sur : les solutions d’encaissement mobiles

 

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