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L’eau, des propriétés herbicides

Raphaël Lecocq

L’eau, des propriétés herbicides
Le Paysan Vigneron / Chambre d’agriculture de Charente-Maritime

Plus ou moins bouillante, sous pression ou pas, additivée ou pas, l’eau possède des propriétés herbicides, dont certaines laissent envisager une alternative aux matières actives chimiques.

L’eau, des propriétés herbicides

Et si l’eau, principal constituant des applications herbicides, pouvait se suffire à elle-même pour éliminer, sinon pour contenir les mauvaises herbes en-dessous d’un seuil de nuisibilité ? La question peut paraître saugrenue mais plusieurs expérimentations et réalisations entretiennent l’espoir. Côté recherche, le projet de recherche européen Dockweeder, auquel contribue la coopérative Terrena, s’attèle au rumex, lequel entame la productivité des prairies au-delà d’un spécimen tous les 5 m2. Le projet consiste à mettre au point un robot capable de détecter la vivace, de jour comme de nuit, avec une fiabilité supérieure à 90 %, avec l’aide de l’intelligence artificielle. Une fois détecté, le rumex est ciblé par une double roto-buse pulvérisant de l’eau chaude (90°C) à forte pression. Efficace.

L’eau, des propriétés herbicides

Eau chaude à 120°C

L’entreprise bretonne Oeliatec joue également sur la température et la pression pour venir à bout des adventices. Après les machines dédiées aux collectivités et paysagistes et après trois années d’essais, elle décline son concept pour la vigne et les vergers. L’eau, éventuellement de récupération, est chauffée à 120°C puis propulsée à basse pression sous forme de micro gouttelettes sur les zones à désherber. La désherbeuse progresse à la vitesse de 2,5 km/h et consomme l’équivalent de 1500 l/ha d’eau pour un traitement en plein et entre 20 à 25 l/ha de carburant. Elle peut être adaptée à différents porteurs (attelage trois points, remorque, tracteurs inter-ligne, enjambeurs) et recevoir différents gabarits de diffuseurs.

L’eau, des propriétés herbicides

Mousse à 95°C

L’entreprise anglaise Weedingtech a de son côté recours à un additif, en l’occurrence Foamstream, fabriqué à partir d'huiles et de sucres végétaux issus de colza, de maïs, de blé, de pommes de terre ou encore de noix de coco. Les sucres et les huiles ont la propriété de créer un effet choc thermique, plus important que celui généré par de l’eau seule. La température de l’eau en sortie de lance est volontairement maintenue sous 100°C, ce qui permet de générer une mousse épaisse ayant pour effet de ralentir la baisse de température. On considère en effet que l’effet herbicide de l’eau chaude s’estompe en dessous de 57°C. Grâce à la mousse, l’exposition des mauvaises herbes à la chaleur comprise entre 10 et 20 secondes. Pensée pour les collectivités, la solution a donné des résultats très probants l’an passé dans le vignoble de Cognac. L’entreprise travaille à la mise au point d’un prototype spécifique pour des applications au vignoble.

Commentaires 8

simple citoyen

un fleuriste qui utilise depuis longtemps cette technique de l'eau chaude dit que cela revient cher en énergie

Baba

Je partage les propos de Jean .Si d'aventure l'eau chaude a un pouvoir herbicide, il n'est que temporaire et ne détruit certainement pas les rumex chardons liserons et autres vivaces qui
années après années vont envahir le terrain !.
Quant au bilan carbone et économique de l'opération n'en parlons pas c'est à coup sûr une
catastrophe.

simple citoyen

de telles méthodes coûterons très chères et seront appliquées que sur de petites surfaces.

marine 347

l eau pour cramer les adventices n importe quoi faudra passer tout les 8jours en plus au niveau pollutions je vous dis pas avec quoi ont chauffe l eau ? au fuel sans compter qu ont débris ver et autres insecte tel les coccinelle et les syrphes utile elle est belle l écologie de maintenant

CASH38

Ni insulté ni caviardé sur son mel à la suite de son commentaire sur les sclérotes bios ? L'ingénieur général, ingénieur agronome se souviens de ce les premiers pas de la lutte contre le phylloxéra ont été imaginés parce qu'on avait remarqué que les pieds des ceps qui recevaient l'eau de vaisselle qu'une viticultrice jetait par sa fenêtre, étaient indemnes et seulement ceux-là. D'où la statue "à l'inventeur de l'eau tiède" sur la grand place de ce village pionnier du beaujolais. Maintenant place aux délires ...

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