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Vendredi 20/03/2026

Année du Pastoralisme au Sommet de l’Élevage : comment cet éleveur allaitant est passé d’un système maïs ensilage à un élevage à l’herbe

Publié par SOMMET DE L'ELEVAGE

Installé depuis 2013 en GAEC avec son père et son frère, Adrien Delmond élève un troupeau de vaches Limousines majoritairement à l’herbe. Les éleveurs, basés en Corrèze, ont opéré un virage à 180° en abandonnant le maïs ensilage au profit d’une valorisation de leurs prairies permanentes et d’une culture de méteil.

Quel était le fonctionnement de votre exploitation avant 2013 ?

C’était déjà un élevage familial avec 3 associés (mes parents et mon frère) et un système basé sur le maïs ensilage.

Pouvez-vous nous parler de votre système, aujourd’hui ?
Nous avons 180 hectares de surface agricole utile (SAU) : 3,5 hectares de maïs grain, 7 hectares de prairies temporaires (dactyle et luzerne) et 17 hectares de méteil. Tout le reste sont des prairies permanentes. Nous faisons 140 vêlages par an et la commercialisation se fait principalement en broutard et quelques bêtes sont vendues pour la reproduction.

Pourquoi avoir choisi de changer le fonctionnement pour davantage valoriser l’herbe à votre arrivée dans le GAEC en 2013 ?
J’ai été 7 ans technicien et je voyais bien que les systèmes qui marchaient le mieux étaient fondés sur l’herbe. Le prix du soja augmentait beaucoup et pour équilibrer les rations avec le maïs, cela coûtait très cher. Au début, mon père était un peu craintif car il ne savait pas vraiment si cela allait fonctionner.


Comment s’est opérée cette transition ?
Très bien ! On a arrêté le maïs d’un seul coup, on a semé les prairies temporaires (luzerne et dactyle), du méteil grain et méteil ensilage. Au niveau des stocks, il n’y a eu aucun problème. On a constaté une forte baisse de nos charges d’alimentation. Avec ce système, il n’y a pas de grosses variations, on sait globalement ce qu’on va récolter tous les ans. En juin, quand on a fini les foins et l’enrubannage, on a 95 % de notre stock sécurisé. Cela nous permet d’aborder sereinement la période estivale et hivernale.

Comment organisez-vous le pâturage ?
J’ai reçu une formation sur le pâturage tournant par la chambre d’agriculture de la Corrèze. Nous appliquons ce système : les vaches changent de paddock tous les trois jours en moyenne. Pour les vêlages de printemps, les vaches partent avec leur veau au 15 mars et restent à l’herbe jusqu’à la mi-novembre. On laisse même une quarantaine de vaches dehors jusqu’au 1er janvier : le climat d’hiver en basse Corrèze le permet grâce à la faible altitude au en choisissant les sols qui portent le plus. L’autre partie des vêlages se fait à l’automne. Les broutards et les mâles vendus pour la reproduction ont un peu plus d’aliment.

Aujourd’hui, quel est le regard de votre père sur ce système ?
Il est de l’école tourteaux et maïs ensilage, c’est comme cela qu’il a été formé. Pourtant, aujourd’hui, il ne reviendrait en arrière pour rien au monde !

Pour en savoir plus :
Site internet : www.sommet-elevage.fr
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