- Accueil
- Moyen-Orient : encore une crise qui va impacter le milieu agricole
Vendredi 20/03/2026
Moyen-Orient : encore une crise qui va impacter le milieu agricole
Le monde agricole n’en finit plus de subir des crises qu’elles soient liées à des guerres, des épizooties, des accords de libre-échange ou des attaques économiques sur les droits de douane.
Conjoncture – La guerre en Iran a déjà des répercussions majeures sur l’économie agricole, avec la flambée du prix des carburants, des intrants chimiques ou minéraux pour les cultures, ou des matières premières pour l’élevage.
Les ménages français sont également impactés, et dans un premier temps par l’envolée du prix des carburants. D’autres hausses sont à venir surtout si le conflit perdure ou s’aggrave. Les budgets vont de nouveau être contraints et des choix budgétaires seront faits dans les mois à venir.
Les éleveurs français qui profitent enfin de tarifs rémunérateurs ont-ils quelque chose à craindre de cette situation ?
La hausse des intrants va inévitablement alourdir les charges de leurs entreprises. Les problèmes sanitaires ne sont pas tous éteints, même si la situation s’améliore avec la montée en puissance de la vaccination et des rappels. En revanche, le niveau très élevé des prix de la viande entraîne un recul des ventes de viande rouge auprès des ménages (-2,9 % en 2025). Cette baisse est passée inaperçue, au regard de la forte chute de la production, mais les effets commencent à se faire sentir de façon plus précise chez nos voisins italiens ou allemands où les tarifs de la viande ont commencé à baisser. Les consommateurs se tournent vers des alternatives moins chères comme le poulet ou le porc. Les distributeurs observent également une descente en gamme, avec un fort recul des ventes de pièces nobles au profit des viandes transformées, avec des alternatives contenant des ingrédients végétaux pour réduire le prix (haché de bœuf avec 70 % de viande). Cette orientation fait également partie d’une modification durable des habitudes alimentaires. Les consommateurs qui se disaient prêts à consommer moins, mais de la qualité revoient leurs positions.
Les industriels seront également impactés par la hausse des coûts de transport et de fonctionnement, mais le plus préoccupant reste d’un côté les volumes nécessaires pour écraser ces charges, et le prix de la viande qui n’a cessé de progresser depuis un an et demi. De nombreuses hausses ont été répercutées dans la douleur au secteur de la distribution, mais l’exercice ne peut durer, au risque de faire fuir les consommateurs, comme cela s’est passé pour les ovins après l’euphorie des prix de Pâques, l’an dernier.
La ferme France continue de décapitaliser, ce qui n’est pas une bonne nouvelle en soi, mais cela accompagne le recul de la consommation, et permet de tenir les niveaux de prix élevés. L’épisode de FCO a encore de lourdes répercussions, avec une baisse de la production, mais également de gros décalage dans les vêlages, donc des sorties. À la veille de la mise à l’herbe, de nombreuses vaches n’ont pas encore vêlé, ce qui est préoccupant dans le secteur allaitant. Pour les laitiers, c’est le prix du lait qui aujourd’hui préoccupe les éleveurs, car le prix de la viande reste soutenu. Les industriels ont besoin de minerai et ne peuvent se passer des réformes laitières, malgré l’inflation persistante.
Les Français aiment la viande rouge, mais ce produit noble porte trop souvent un fardeau qui n’est pas le sien. Même si elle émet des gaz à effet de serre, la production bovine française ne peut sauver la planète à elle seule. L’activité humaine comme le numérique génère 4 % des gaz à effet de serre. Si internet et les data centers étaient un pays, ils seraient le 3e plus gros consommateur d’énergie après la Chine et les États-Unis. Cependant, il est plus facile de cibler les vaches que nos propres comportements.