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Mardi 22/09/2026
Azote, carbone, structure des sols : quand les couverts font des euros
Une étude de SEMAE convertit en espèces sonnantes et trébuchantes les bénéfices agronomiques des plantes de service. Une première louable, malgré les limites d’un exercice dont la première vertu est de pointer les effets dépressifs… des sols nus, avec en tête le tassement, la battance ou encore la perte d’éléments nutritifs.
Les couverts végétaux, combien ça coûte, combien ça rapporte ? Ceux qui espéraient des réponses sonnantes et trébuchantes à ces deux questions en seront pour leur frais. « Une grande partie des travaux existants repose sur des essais agronomiques expérimentaux conduits en station ou sur des réseaux de parcelles pilotes ». « Les études proposant une quantification monétaire directe des services écosystémiques rendus par les couverts sont rares et souvent hétérogènes dans leurs méthodes, leurs hypothèses et leurs périmètres d’analyse ». « La littérature montre également une forte variabilité des résultats selon les espèces de couverts, « De nombreux services écosystémiques rendus par les couverts végétaux restent difficilement quantifiables sur le plan économique ». « Les performances agronomiques et économiques des couverts végétaux sont fortement dépendantes des conditions pédoclimatiques dans lesquelles ils sont implantés ». Telles sont les limites que SEMAE auto-concède dans une étude consacrée au retour économique des services rendus par les couverts végétaux.
Conduite par sa section Fourragères et à gazon, l’étude a croisé une revue de littérature scientifique française avec l’expertise de plusieurs organismes et acteurs de terrain, notamment Arvalis, l’INRAE, les Chambres d’agriculture. Trois chiffres saillants en ressortent : jusqu’à +105 €/ha pour la valeur de l’azote restitué au système de culture, +128 €/ha/an pour la valeur associée au stockage de carbone et +960 €/ha de rendement préservé grâce à la lutte contre le tassement des sols. Trois valeurs qui ne s’additionnent pas et qui ne prennent pas en compte les coûts d’implantation, incluant les semences, le semis, la destruction et la gestion de l’interculture, précise l’interprofession des semences et plants. A contrario, « la valorisation économique de certains services écosystémiques, notamment ceux liés à la biodiversité, à la gestion des maladies, à la gestion des adventices ou encore la limitation de l’érosion, demeure difficile à quantifier de manière précise », lit-on dans l’étude.
En revanche, l’étude met en exergue l’effet des couverts sur la prévention et la régénération des sols compactés. « Par leur système racinaire, ils contribuent à recréer de la porosité, à améliorer la stabilité structurale et à stimuler l’activité biologique du sol. En semis direct, des essais montrent que deux années de présence de couverts végétaux peuvent permettre de retrouver une porosité équivalente à celle d’un système labouré. Ainsi, les couverts végétaux ne doivent pas être considérés uniquement comme un coût d’implantation, mais comme un investissement agronomique rentable, contribuant à la durabilité des sols et à la performance économique des systèmes de culture ». A une condition : recourir à des semences de qualité, certifiées ou commerciales, constitue un élément important. « Des semences sélectionnées et contrôlées garantissent une meilleure implantation du couvert, une production de biomasse plus régulière et une expression plus efficace des services agronomiques recherchés, précise l’interprofession. Le recours à des mélanges d’espèces adaptés aux objectifs agronomiques et aux conditions pédoclimatiques peut également permettre d’améliorer l’efficacité des couverts ».
Selon SEMAE, cette analyse constitue une première salve d’enseignements, tout en ouvrant des perspectives intéressantes pour la recherche, afin d’améliorer la quantification et la reconnaissance économique des services rendus par les plantes de services. « Dans un contexte de transition agroécologique et de recherche de systèmes agricoles plus durables, les plantes de services apparaissent ainsi comme un levier agronomique et économique prometteur, à condition d’être intégrées dans une approche systémique et raisonnée des systèmes de culture ».
