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Mardi 04/08/2026

La haie, outil essentiel d’adaptation au changement climatique

Publié par Pleinchamp

Face à la multiplication des épisodes de canicule, les haies apparaissent comme une solution fondée sur la nature, simple, efficace et immédiatement mobilisable pour protéger les animaux les cultures et l'environnement au sens large, rappelle le Réseau Haies France. Et le Haut conseil sur le climat de lancer deux avertissements face aux risques d’amputation du Pacte en faveur de la haie.

Entre 10°C et 20°C d'écart de température : c’est ce que des membres de Réseau Haies France ont relevé entre une parcelle en plein soleil et sous une haie « bien gérée ». « Les arbres apportent de l’ombre, mais diffusent aussi de la fraîcheur en puisant l’eau en profondeur et en la restituant via l’évapotranspiration de leurs feuilles : un véritable microclimat, plus frais et plus humide, se crée autour de la haie », explique le réseau, qui fédère près de 500 structures contribuant à développer la place de l’arbre et la haie sur les territoires (techniciens bocage et en agroforesterie, collectivités, associations environnementales, organisations agricoles…).

Face à la multiplication des épisodes de canicule, les haies apparaissent comme une solution fondée sur la nature, simple, efficace et immédiatement mobilisable pour protéger les animaux, les cultures et l'environnement au sens large. Elles constituent également un levier d’atténuation du réchauffement climatique et contribuent à répondre aux nombreux défis environnementaux : une haie en bon état écologique stocke en moyenne 200 tonnes de CO₂ par kilomètre, abrite une biodiversité importante, et participe à réguler le cycle de l’eau. La haie peut également devenir une ressource alimentaire : les animaux peuvent se nourrir des feuilles des arbres, qui résistent mieux à la chaleur que l’herbe ou certaines cultures.

Les avertissements du Haut conseil pour le climat

Encore faut-il que les haies soient bien gérées de façon à maximiser leurs bénéfices. C’est là où le Haut conseil pour le climat (HCC), dans son rapport publié en juillet dernier, s’inquiète du projet de décret issu de l’article 37 de la loi orientation agricole de 2025, qui « pourrait par ailleurs simplifier et donc encourager l’arrachage de haies anciennes, dont les bénéfices pour la biodiversité et le stockage de carbone sont avérés ». Pour limiter les potentiels effets négatifs, le HCC milite pour que les coefficients de compensation soient strictement supérieurs à 1, afin de prendre en compte la « dette » carbone liée au temps de reconstitution du stock détruit et les pertes de biodiversité et de services écosystémiques.

Le HCC déplore par ailleurs la baisse globale des budgets dédiés à la planification écologique amorcée en 2025, et qui s’est poursuivie en 2026 avec l’adoption de la loi de finance initiale 2026. « La réduction du budget du ministère en charge de l’Agriculture dédié à la planification écologique risque de compromettre le financement de la mise en œuvre de politiques publiques pourtant essentielles à l’adaptation des systèmes agroalimentaires au changement climatique, telles que le Pacte en faveur de la haie. Cela s’inscrit dans un contexte plus large d’affaiblissement de la dynamique de renforcement des moyens consacrés à l’adaptation, observé à partir de 2025 », déplore le HCC.

La SNBC 3 à la rescousse

Adoptée le 16 juillet dernier, la troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3) a repris à son compte l’objectif de +50.000 kilomètres linéaires nets de haies à horizon 2030 par rapport à 2020 (et la poursuite de la dynamique à horizon 2050) et visé l’atteinte de 100.000 ha de surfaces de terres arables et prairies avec agroforesterie intraparcellaire en 2030, et 300.000 ha en 2050, réparties équitablement entre les terres arables et les prairies.