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Vendredi 04/09/2026

Blé : des prix au plus haut et une volatilité exacerbée au gré des annonces en mer Noire

Publié par Pleinchamp

Les cours du blé tendre se hissent sur les niveaux les plus hauts de la campagne, tout en subissant de fortes variations journalières au gré de la situation géopolitique entre la Russie et l’Ukraine.

Il y a tout juste un an, les cours du blé tendre s’écroulaient sous les 190 €/t, dans un contexte de récoltes record et de stocks mondiaux massifs. Cette année, les fondamentaux sont bien différents. La récolte des huit plus grands exportateurs mondiaux de blé (Union européenne, Ukraine, Russie, Etats-Unis, Canada, Argentine, Australie, Kazakhstan) est moindre d’au moins 50 millions de tonnes par rapport à l’an passé. Surtout, la situation de blocage en mer Noire met « le moteur du commerce mondial à l’arrêt », précisait Maxence Devillers, analyse chez Argus Media, lors d’une conférence de presse le 27 août. En raison de frappes de drones et de missiles russes et ukrainiens ayant détruit des infrastructures portuaires, les flux au départ des ports des deux pays restent restreints depuis le début de la campagne, période où la mer Noire domine habituellement les exports mondiaux.

« On est sur une situation vraiment à risque, poursuit l’analyste. Cela nous rappelle le printemps 2022, au moment du blocage complet de la mer Noire qui empêchait les navires de circuler au départ de l'Ukraine, de la Russie, mais aussi de la Bulgarie et de la Roumanie - ce qui n'est pas le cas cette année. »

L’impact sur les prix mondiaux est significatif, avec une divergence très accentuée entre la mer Noire et le reste du monde. Les prix locaux en Ukraine et en Russie sont en chute depuis plusieurs semaines pour compenser l’explosion des coûts de fret et d’assurance, « de l'ordre de 20 ou 30 dollars par tonne », indique Maxence Devillers.

Très forte volatilité

Dans ce contexte incertain sur le blocage actuel, les prix du blé tendre grimpent à des niveaux les plus hauts de la campagne, tout en affichant de fortes amplitudes de variation au gré des annonces et contres-annonces entre la Russie et l’Ukraine.

Ainsi, le 3 septembre, il a suffi de quelques mots prononcés par Vladimir Poutine, laissant entendre que la voie du dialogue avec l'Ukraine restait ouverte, pour déclencher une chute des prix. La veille, les cours du blé marquaient un nouveau plus haut de campagne, le marché ayant même testé un équivalent des 300 $/t.

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Cependant, même en cas d'accord maritime, la reprise de l'activité portuaire dans la région devrait être lente. « Les dommages matériels sur les infrastructures portuaires devraient mettre plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour être reconstruits », précise Maxence Devillers.

Evolution de la cotation blé tendre Euronext échéance Décembre 2026 depuis un an (sources : Argus et Pleinchamp).

Une demande à l’import ralentie par les bonnes récoltes locales

Les principaux pays importateurs d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient (Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Turquie, Pakistan, Iran, Bengladesh, Irak et Syrie), qui comptent d’habitude sur les achats en provenance d’Ukraine ou de Russie, se montrent pour le moment patients grâce à de bonnes productions locales. Leur récolte cumulée de blé est estimée à 97 millions de tonnes par le cabinet Argus Media, contre 79 millions de tonnes l’an passé. Le Maroc, client important pour le blé français, a notamment réalisé une récolte record cette année.

« Mais il faut garder en tête que ce sont des pays importateurs nets, qui vont voir leurs stocks s’amenuir et qui auront besoin d’acheter », note Maxence Devillers. Si le blocage en mer Noire persiste, les importateurs vont devoir se tourner vers d’autres origines, y compris françaises et européennes. « On voit déjà quelques demandes plutôt inhabituelles, la France a par exemple vendu un peu de blé vers le Soudan », fait savoir l’analyste.

Par ailleurs, l'organisme saoudien d'achat de céréales vient de lancer un appel d'offres portant sur 535 000 tonnes de blé meunier, pour des livraisons prévues entre novembre et décembre, selon Argus Media. Les origines qui seront retenues dans le cadre de cet appel d'offres seront scrutées de près par les opérateurs.

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