- Accueil
- « Chez nous, le maïs a été sauvé par un gros orage de grêle »
Jeudi 20/08/2026
« Chez nous, le maïs a été sauvé par un gros orage de grêle »
[Reportage] À Vaudeville-le-Haut (Meuse), la SCEA TGV a échappé en partie à un été de terre brûlée, grâce aux 70 mm de pluie qui ont accompagné un orage de grêle à la mi-juin. Ce qui permet à Nicolas Tisserand, le jour de l’ensilage, de voir « l’épi à moitié plein ». Désormais, c’est le colza qui joue à cache-cache avec le soleil.
« Le samedi 20 juin, on a eu un gros orage de grêle, et c’est ce qui a sauvé notre maïs, car l’orage s’est accompagné de 70 mm de pluie ». Au volant d’une benne collée à l’ensileuse, ce 13 août, Nicolas Tisserand mesure sa chance alors que la campagne lorraine alentour affiche, en cet été 2026 de terre brûlée, un paysage binaire en matière de maïs, quasiment exclusivement voué au fourrage dans la région.
En résumé, il y a les maïs avec épi et les maïs sans épi, et parfois à peine à un jet de goulotte les uns des autres. Et les premiers semblent moins nombreux que les seconds. « Comme toutes les parcelles sont groupées autour de l’exploitation, elles ont toutes reçu les 70 mm », poursuit Nicolas Tisserand. Et donc les grêlons. « La grêle a fait des dégâts au niveau des tiges et des feuilles car le maïs était en plein développement. Mais le lundi, on a eu 40°C et la combinaison de l’humidité et de la chaleur a fait que le maïs s’est repris de plus belle ». Quand deux aléas se neutralisent…
Couvert, labour d’hiver, reprise à la herse plate, passage de herse rotative, avant le semis avec « un vieux semoir 4 rangs sans localisateur d’engrais » : l’exploitation se donne aussi les moyens d’offrir au maïs les meilleures conditions d’implantation, « même si le coût de préparation est plus élevé ».
A l’arrivée, il va tout de même manquer des tonnes de matière sèche et le stock sera un peu rabougri. « Je m’attendais à pire », dira Fabrice Tisserand, le père de Nicolas, une fois le silo refermé. Les éleveurs veulent voir « l’épi à moitié plein » à la vue des certains maïs ne dépassant pas les 1,40 mètre.
« En un an, on est passé du tout au tout », relève Nicolas, évoquant la récolte record de fourrages en 2025 et qui, chez bon nombre d’éleveurs, va contribuer à faire la soudure avec la famélique récolte 2026, en espérant retrouver la normale, ou un semblant de normale, en 2027. En attendant, c’est le colza qui désespère la pluie.
Ce yoyo climatique ne semble pas avoir de prise sur celui qui officie sous le statut de salarié de la SCEA, dans laquelle sont associés ses parents. « Il faut aller de l’avant sinon il faut arrêter le métier de suite », affirme le jeune homme de 21 ans.
Bac Stav en poche, son avenir sur la ferme semble tout tracé. Mais la trajectoire pourrait néanmoins dévier et les vaches laitières être taries, au profit de la production de viande.
L’exploitation produit depuis très longtemps des bœufs de trois ans, permettant de valoriser les 100 ha de prairies sur les 250 totaux. « Aujourd’hui, le lait nous permet d’être trois sur l’exploitation mais demain je serai seul ». Pour Nicolas, « l’arrêt des vaches laitières est plus ou moins écrit ».





