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Vendredi 06/03/2026

[Conjoncture bovine] Recentrer la consommation sur les produits français

Publié par Acti Ouest

Le discours reste immuable, à chaque salon de l’agriculture, les acteurs politiques demandent aux Français de manger français.

Conjoncture – Comme à chaque fois, le salon de l’agriculture sert de vitrine et de tribune politique pour faire des annonces. Ce n’est pas la première fois et ne sera sans doute pas la dernière fois que les responsables politiques annoncent le renforcement de la consommation de produits français dans les différentes strates sur lesquelles ils pensent avoir la main.

Comme à chaque fois, des accords sont signés, mais force est de constater que cela ne représente que des volumes limités.

La ferme France est riche de son savoir-faire, mais ce salon sans bovin semble comme un signe de la situation dans les campagnes. La décheptelisation se poursuit avec de nombreux éleveurs qui prendront leurs retraites d’ici 2030. Le renouvellement des générations est trop faible, même si des efforts importants sont mis en œuvre. Les prix rémunérateurs sont un atout avec des revenus qui seront enfin à la hauteur des espérances, mais la contrepartie se mesure en milliers d’euros d’investissement. Cependant, il vaut mieux investir plus dans un projet rémunérateur, que peu d’argent dans un qui en perd.

Recentrer la consommation sur la viande française est une vue de l’esprit très politique, quand un pays n’est pas autosuffisant. Les importations massives de poulets, de viande ovine ou bovine n’en sont que le révélateur. La France n’est pas la seule dans cette situation. Nos voisins souffrent du même mal, avec des productions qui ont trop longtemps été utilisées comme source inépuisable à bas prix. Ce temps est révolu. Depuis début 2025, les courbes des prix à la production bovine sont en constante progression. Cette date marque une étape majeure dans la situation commerciale. Nous sommes passés d’un marché poussé par l’offre à un marché tiré par la demande. Les industriels ont complètement revu leurs stratégies. Fini l’époque où les vaches étaient considérées comme un sous-produit du lait. L’évolution de la consommation vers plus de produits transformés, et des ressources qui ne sont plus aussi abondantes, ont révolutionné la façon d’aborder le commerce. Les abatteurs doivent séduire pour assurer des volumes à leurs outils de transformation. Cela passe par le prix, mais également par des investissements dans les structures de négoces. Chacun cherche à renforcer ses positions, quitte à affaiblir le voisin. Pas de place pour les faibles, dans ce monde d’hyperconcurrence.

La maîtrise des prix reste un sujet majeur, car si une juste rémunération des éleveurs est maintenant actée, c’est la limite acceptable par le consommateur qui est maintenant en jeu.

L’Europe est un grand producteur de viande, mais c’est surtout un marché rémunérateur pour les plus gros acteurs du marché. L’agriculture sert encore de levier pour développer des accords commerciaux industriels ou de services.

La position de l’Europe sur la mise en place provisoire de l’accord avec le Mercosur (malgré le vote négatif du parlement européen), en est la révélation. Les éleveurs français se font marcher dessus. Comment donner des signes positifs à une profession quand on ouvre le marché dans le dos des éleveurs à une concurrence non maîtrisée ?

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