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Vendredi 20/02/2026
[Conjoncture bovine] Un salon de l’agriculture pour séduire
Le salon de l’agriculture, qui va ouvrir ses portes la semaine prochaine, aura un goût particulier sans la présentation bovine.
Conjoncture – Après les crises sanitaires qui ont décimé les troupeaux, provoqués de gros problèmes de fertilité et décalé une grande partie des cycles de reproduction, de nombreux éleveurs proches des cours d’eau en crue voient leurs réserves fourragères détruites. C’est un nouveau et gros coup dur pour les éleveurs, car les surfaces inondées sont immenses. Les conséquences pour les populations sont également dramatiques avec des maisons, magasins, boutiques, écoles ou entreprises sous les eaux.
Toutes ces perturbations ne sont pas sans effet sur la consommation. Dans les régions touchées, les priorités ne sont pas à la dépense. Les abatteurs observent un très net ralentissement de leurs commandes sur les régions concernées. Pour le reste du territoire, ce sont les vacances d’hiver et les départs vers les stations de ski qui limite les ventes de viande bovine, notamment pour les femelles bouchères.
Le salon de l’agriculture, qui va ouvrir ses portes la semaine prochaine, aura un goût particulier sans la présentation bovine. Plus de 600 000 visiteurs devraient déambuler Porte de Versailles du 21 février au 1er mars. Ce sera avant tout un salon de mobilisation et de soutien aux agriculteurs français qui depuis de longs mois sont sur tous les fronts. La dermatose nodulaire, le Mercosur, et les différents traités en cours, la mobilisation pour la simplification et la suppression de normes administratives hyperchronophages ne sont qu’une partie des préoccupations du moment.
Dans le domaine de l’élevage, ce début d’année vient confirmer ce que tous les observateurs annonçaient : la décapitalisation de la ferme France ne couvre plus les besoins du marché, même si ce dernier est en déclin. Depuis quelques semaines, on assiste à une nouvelle envolée des prix sur l’ensemble des filières bovines. Les risques d’une bulle spéculative sont connus, mais nul ne peut interrompre ce mouvement. Les niveaux de prix pratiqués sur certains produits sont déjà rédhibitoires pour une partie de la population. Et si cela ne suffisait pas, le gouvernement publie sa stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat. Afin de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, il appelle, les Français à « limiter » leur consommation de viande et de charcuterie, tout en demandant à ces derniers de privilégier la production nationale. Il prône une éducation des jeunes générations vers une alimentation plus végétale, tout en privilégiant les viandes françaises. Ces recommandations sont le résultat d’un long processus de la Convention citoyenne sur le climat et de la loi Climat et résilience de 2021.
Régulé pour mieux soigner la planète, c’est ce que la politique américaine est en train de détruire, avec de dernières annonces de Donald Trump.
Le consommateur français, comme dans beaucoup de pays, oriente ses choix principalement avec son porte-monnaie, et des habitudes alimentaires qui vont vers la facilité et la rapidité.
Pour enrayer la destruction de la ferme France, il faut donner des perspectives et envoyer des signes forts, non seulement aux jeunes éleveurs qui souhaitent s’installer, mais également aux banques qui les financent. Ces dernières sont souvent, quoi qu’elles en disent, un frein à l’investissement, avec une gestion des risques prévalents, sur les montants empruntés. Pour les structures plus grandes, il faudra attirer les investisseurs, qui ne se positionneront que si la rentabilité est là. De beaux projets, il y en a de nombreux avec une jeunesse qui sera largement présente sur le salon, pour observer les avancées technologiques, car l’agriculture de demain sera 2.0, même si le lien avec l’animal reste prévalent.