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Lundi 18/05/2026

Contrôle de perf' : des données concrètes pour piloter son élevage

Publié par L’AURORE PAYSANNE

Lors de l’assemblée générale organisée le 2 avril à Montchevrier, l’activité de Bovins croissance en 2025 a été passée au crible par les conseillers de la chambre d’agriculture de l’Indre, avant une visite de l’exploitation de Thomas Letessier, éleveur limousin inscrit au HBL.

En 2025, Bovins croissance a enregistré 8 654 veaux pesés pour 96 éleveurs, une légère baisse d’activité (- 320 veaux/2024 ; - 510 veaux/2023) liée en partie par le départ à la retraite de certains éleveurs.

« Pour maintenir l’activité et attiré de nouveaux adhérents, la chambre d’agriculture a validé la prise en charge d'une part du coût du contrôle de performance pour les jeunes installés ou nouveaux adhé rents, pendant trois ans, avec un engagement de la part des éleveurs d’un suivi Bovins croissance de cinq ans », ont présenté Denis Patraud et Maxime Pion, respectivement président de Bovins croissance et président du Service élevage de la chambre consulaire. Ainsi, la prise en charge est de 30 % la première année, 20 % la seconde et 10 % la troisième année.

En plus des pesées et du pointage des animaux effectués par les conseillés bovins de la chambre d’agriculture, rejoindre le contrôle de performance permet de prendre du recul sur son élevage grâce aux visites régulières des conseillers. « En plus de pointer les bêtes, ils abordent la gestion du four rage, la composition des rations. On voit avec eux le calcul du coût de production et ils apportent leurs expertises sur les leviers que nous pouvons mettre en place sur nos exploitations. Il y a un vrai conseil technique précis et précieux », explique et apprécie Denis Patraud.

"En plus des pesées et du pointage, il y a un vrai conseil technique précis et précieux"

Des pistes de réflexion autour des rations

Au lieu-dit l’Âge d’en bas, à Mont chevrier, l’ensemble des adhérents de Bovins croissance (éleveurs de charolais et limousins) ont visité l’élevage de Thomas Letessier, successeur de Jean-Luc Gaultier, depuis 2021, et se sont intéressés aux mâles reproducteurs qui ont marqué l’élevage lors des dernières décennies. « Je me suis installé en hors cadre familial sur 80 ha, dont 12 en propriété. J’ai racheté 50 vaches inscrites à Jean-Luc, ainsi que tous les bâtiments et une partie du matériel », rappelle-t-il à l’assistance.

Aujourd’hui, le jeune éleveur est à la tête d’un cheptel de près de 65 vaches mères grâce à de la croissance interne et a agrandi ses surfaces d’exploitation, les portant à 115 ha soit : 85 ha de prairies permanentes, 17 ha de prairies temporaires et 13 ha de céréales. Ses parcelles de fauches sont conduites plus intensivement que les surfaces pâturées afin de récolter des stocks de qualité, « j’apporte 30 unités d’azote au printemps uniquement sur les surfaces en herbe », précise-t-il. Quant à son méteil, blé-triticale-vesce pois, il est récolté au stade grain, avant d’être aplati et conditionné en boudin.

Pour les rations, Thomas Letessier a opté pour du foin à volonté avec de l’enrubannage rationné et 1 kg de méteil aplati à 14 % de MAT pour les vaches et les génisses de 2 ans. Les génisses d’un an ont du foin et de l’enrubannage à volonté, ainsi que 2,5 kg de méteil aplati. Quant aux vaches de réforme, leur ration est composée de foin à volonté, de deux tiers de céréales et d’un tiers de complémentaire azoté 30 %. « Pourquoi ne pas rem placer le complémentaire par de l’enrubanné ? », l’interroge l’un des éleveurs présents. En effet, cette solution est une piste de réflexion sur laquelle s’interrogent l’éleveur et sa pointeuse Bovins croissance, même si la ration telle qu'elle est constituée apporte satisfaction à l’éleveur en termes d’objectifs.