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Lundi 20/07/2026

Dans le Puy-de-Dôme, ce Gaec utilise des semences sexées pour améliorer son rendement

Publié par SOMMET DE L'ELEVAGE

Pour assurer un nombre suffisant de femelles en élevage, notamment laitier pour la production, le nombre de veaux femelles par an est important. C’est pourquoi certains éleveurs se tournent vers la technologie de la semence sexée, une méthode brevetée et mise en place par la firme américaine Sexing Technology en 2003, qui permet de choisir le sexe du veau à l’avance. En France, en 2020, l’utilisation de la semence sexée représentait 429 581 inséminations artificielles. Rencontre avec Franck Tixier, associé au sein d’un Gaec du Puy-de-Dôme, où cet outil a toute sa place.

Sur les hauteurs du village d’Olliergues, dans le Puy-de-Dôme, trône le Groupement agricole d'exploitation en commun (Gaec) de la Bergeronnette. À sa tête, trois associés : Monique Tixier et ses fils, Franck et Arnaud qui, avec quatre salariés et un apprenti, élèvent 90 vaches laitières Montbéliardes et 15 vaches allaitantes Limousines. L’activité principale de l’exploitation repose sur un atelier de transformation fromagère depuis 2019, et compte également une petite partie d’engraissement de porcs, sur 180 hectares de terrain.

Faire perdurer des souches de qualité

Depuis une quinzaine d’années, les agriculteurs se servent d’une technique bien particulière pour assurer la continuité de leur troupeau : les semences sexées. « Les premières vaches que nous avons achetées étaient de très bon pedigree, donc on voulait faire perdurer cette souche dans notre troupeau », explique Franck Tixier, l’un des trois exploitants. « C’est pour cela qu’on s’est tournés vers les semences sexées. »
Le principe est simple, puisqu’il s’agit de choisir à l’avance le sexe du veau, avant d’inséminer la vache choisie. Pour ce faire, grâce à une technologie de tri en laboratoire, les scientifiques sont capables de séparer les spermatozoïdes mâles des femelles. Les vaches sont ensuite inséminées manuellement lors de leurs chaleurs, qui ont lieu tous les 21 jours.

Une méthode apprise sur le tas

Dans la majorité des cas, comme pour le Gaec de la Bergeronnette, les éleveurs choisissent des semences femelles afin d’obtenir des génisses, particulièrement utiles en production laitière. Cette méthode permet donc de mieux gérer le troupeau et d’améliorer la rentabilité. « On travaille avec deux unités de sélection, Umotest et EVA Jura. Auparavant, ce sont eux qui se chargeaient de l’insémination. Mais il y a près d’un an, on a décidé de le faire nous-mêmes, en apprenant sur le tas. On n’est pas encore au niveau des professionnels, mais on s’en sort bien. » La raison ? L’envie d’apprendre, d’abord, mais aussi pour réduire les coûts. « Le prix d’une semence sexée est plus élevé que celui d’une insémination artificielle conventionnelle. » Mais le résultat est au rendez-vous, puisque les agriculteurs réalisent environ 230 à 240 inséminations artificielles par an, avec un taux de réussite de 60 à 65 %.

Des veaux de la race Montbéliarde, nés par insémination artificielle.

Une sélection pour améliorer le rendement

L’autre avantage des semences sexées est qu’elles peuvent être utilisées sur toutes les vaches, peu importe leur âge. « On en sélectionne certaines qui seront inséminées pour un croisement industriel. » En clair, les veaux croisés, nés de ces inséminations, offrent un plus grand rendement en termes de boucherie, donc sont plus intéressants économiquement.
Grâce à cette technologie, le Gaec de la Bergeronnette a su sécuriser son élevage et la qualité de ses produits, tout en se plaçant comme un acteur moderne de sa filière. Une qualité déjà reconnue lors du Sommet de l’Élevage, en 2025, à l’occasion de la cérémonie de remise des trophées de l'Agriculture du Puy-de-Dôme. Ils récompensent les savoir-faire, réussites et innovations dans le monde agricole. Les agriculteurs ont ainsi été primés dans la catégorie « Dynamique du territoire ». En 2026, Franck Tixier espère pouvoir exposer ces vaches dont il est si fier lors du rassemblement professionnel, qui aura lieu du 6 au 9 octobre.

Pour en savoir plus :
Site internet : www.sommet-elevage.fr
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