- Accueil
- Portrait-robot des 30 vols quotidiens commis dans les exploitations agricoles
Lundi 20/07/2026
Portrait-robot des 30 vols quotidiens commis dans les exploitations agricoles
Les vols de matériel électrique devancent ceux de productions agricoles, de carburant, d’animaux, de véhicules, d’outillage et de GPS. Les auteurs sont plus souvent français que ceux de l’ensemble des vols commis en France. Le taux d’élucidation dépasse à peine les 9%.
Alors que le sort du projet de loi d’urgence agricole se joue ces 20 et 21 juillet à l’Assemblée nationale et au Sénat, avec à son article 18 plusieurs dispositions visant à renforcer les sanctions contre les auteurs de vols de biens et de dégradations d’infrastructures agricoles, le service statistique du ministère de l’Intérieur publie une synthèse des vols dans les exploitations agricoles enregistrés par les forces de sécurité intérieure entre 2016 et 2025. Les chiffres témoignent d’une légère décrue globalement, en dehors des GPS, mais
10.700 vols en 2025, -2%/an sur 10 ans
En 2025, 10.700 vols ont été enregistrés contre 12.400 en 2016, soit une baisse de 13%, équivalente à -2% par an. Après une relative stabilité entre 2016 et 2019 autour de 12.000 infractions par an, les vols diminuent nettement en 2020 et atteignent un point bas en 2021 (9700), probablement en lien avec la crise sanitaire. Les vols dans les exploitations agricoles repartent ensuite à la hausse avec 11.700 infractions en 2022 et 2023, puis ils reculent à nouveau en 2024 et 2025.
Le palmarès des biens volés
Alors que les vols de GPS font régulièrement parler d’eux, cette catégorie de biens est en réalité la moins concernée par vols, représentant 8,4% des infractions. En tête figurent le matériel électrique (16,6%), devant les productions agricoles (14,0%), le carburant (12,6%), les animaux (12,4%), les véhicules (12,0%) et l’outillage (8,9%).
Champagne, Bassin parisien, arc atlantique
Les vols dans les exploitations agricoles concernent particulièrement les départements champenois (Haute-Marne, Aube et Aisne), avec respectivement 312, 245 et 241 infractions en 2025. Une autre partie du bassin parisien est également concernée : la Beauce et le Berry avec des niveaux élevés en Eure-et-Loir (175), Loiret (162), Loir-et-Cher (151) et Indre (152). L’arc Atlantique avec en premier lieu la Gironde (237) et la Charente-Maritime (224) est également concerné. Enfin, le pourtour méditerranéen et la vallée du Rhône connaissent également un nombre important de vols dans les exploitations agricoles, notamment dans l’Hérault (201), le Gard (185), la Drôme (169) et le Vaucluse (163). Outre les départements urbains, les départements les moins concernés sont la Lozère et les Hautes-Alpes (25 infractions) ou le Cantal (42).
Le vol, un risque saisonnier
En lien avec la nature saisonnière de l’activité agricole, ces vols sont plus fréquemment enregistrés de mars à octobre : entre 2022 et 2025, 1030 vols ont été enregistrés en moyenne chaque mois entre mars et octobre contre 770 de novembre à février. Les vols d’animaux sont plus fréquents au printemps (30 % sur le trimestre d’avril à juin) tandis que ceux de productions agricoles le sont à l’été (30 % sur le trimestre de juillet à septembre).
Un taux d’élucidation moyen de 9%
Entre 2016 et 2025, à peine plus de 9% des infractions de vols dans les exploitations agricoles ont au moins un mis en cause. Cette part varie de 2% pour les vols de GPS à 24% pour ceux de productions agricoles.
Les mis en cause plus souvent français que pour l’ensemble des vols
Alors que la part des Français dans l’ensemble des vols commis sur le territoire s’établit à 74%, elle est 93% pour les vols commis en exploitation. La part des étrangers dans ces vols est donc moindre que celle qu’ils occupent dans l’ensemble de la population (9 %), à une exception près. Les mis en cause dans le vol de GPS sont des étrangers dans 37% des cas, du fait d’une criminalité particulièrement internationalisée, expliquant également le faible taux d’élucidation.