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Vendredi 20/02/2026

Des céréales sous surveillance et des décisions à anticiper

Les pluies persistantes de cet hiver inquiètent certains agriculteurs vendéens, notamment en zones de marais où l’évacuation de l’eau devient un enjeu majeur.

À Damvix, dans le Sud Vendée, Nelly Prunier, agricultrice en Gaec en grandes cultures et élevage, observe une situation hydrique préoccupante. Si la présence d’eau en hiver n’est pas inhabituelle dans le secteur, le risque actuel repose davantage sur l’évacuation difficile vers la mer et l’accumulation progressive des niveaux.

« Pour l’instant, on a déjà connu ce type de situation, mais ce qui nous inquiète, c’est ce qui peut arriver dans les prochains jours », explique-t-elle. Sur ce territoire plat, l’eau monte lentement… mais redescend aussi très lentement. L’envasement des exutoires et des ouvrages hydrauliques, combiné à une gestion jugée tardive lors des dernières grandes marées, accentue les craintes.

Conséquence directe : certaines parcelles de blé sont déjà partiellement submergées. Si l’eau persiste et que les températures remontent, la perte de cultures pourrait entraîner des retournements et des resemis, après plusieurs campagnes céréalières déjà difficiles.

Des impacts variables selon les parcelles

D’un point de vue agronomique, les conséquences de l’excès d’eau restent très hétérogènes. Christophe Le Gall, conseiller agronomie Vendée centre à la chambre d’agriculture, rappelle que les parcelles bien implantées et drainées résistent mieux.

L’excès d’eau provoque néanmoins des jaunissements des feuilles et peut entraîner des régressions de talles, voire des pertes de pieds dans les zones hydromorphes. L’orge apparaît plus sensible que le blé. Le seuil de retournement se situe autour de 80 plantes/m², mais nécessite un diagnostic précis après ressuyage.

Adapter les décisions aux conditions de ressuyage

Dans le secteur nord bocage*, les céréales sont majoritairement au stade fin tallage pour les semis de fin octobre. Certaines variétés précoces montrent un port redressé, sans que la montaison ait nécessairement débuté.

La priorité sera d’attendre une fenêtre météo favorable avant toute intervention. Le désherbage reste prioritaire pour les parcelles non traitées à l’automne. La question d’un apport en soufre pourra également se poser, notamment dans les situations à risque (sols superficiels ou hydromorphes, forte pluviométrie hivernale).

Dans l’immédiat, la patience et prudence restent de mise : observer, diagnostiquer et adapter la conduite culturale en fonction du potentiel réel des parcelles après ressuyage.

*Sources : Demeter nord bocage du 11 février 2026