Du maïs sur les terres profondes et beaucoup d’autres fourrages

Au Gaec Accolas dans le Cher, le maïs est cantonné aux terres les plus profondes. Une moitié de la surface en maïs vise à produire un maximum d’UF pour l’engraissement. L’autre moitié, conduite à coût réduit, donne du stock pour les vaches suitées. De multiples autres fourrages permettent de répartir les risques.

Le Gaec Accolas, dans le Cher, élève des charolaises en système naisseur engraisseur. « Nous sommes dans un système d’agriculture de conservation, voire régénérative. Nous pratiquons le semis direct et les rotations ont pour objectif de viser deux récoltes par an sur un maximum de parcelles », expliquent Mathieu, Didier et Vincent Accolas. « Le maïs est intéressant pour ceci, et aussi parce qu’il a une meilleure exploration racinaire que les fourragères prairiales. Il pousse pendant les fortes chaleurs de l’été et valorise l’eau des orages. Quand il y en a ! » La pluviométrie est en moyenne de 650 à 700 mm par an. « Les étés sont très secs - pas d’eau du tout pendant quatre mois en 2019 par exemple - avec des températures énormes. L’herbe ne pousse pas du tout du 20 juin au 1er octobre. »

Depuis dix ans, les récoltes de printemps - enrubannages et ensilages précoces de couverts céréaliers et de méteils - sont devenues la base du système. Les éleveurs ne font que très peu de foin, et un quart de la SAU environ est récoltée en grain. Toute une batterie de couverts et de dérobées sont semés. « L’idée est de tester tout type de cultures et d’être opportuniste. On tente des semis derrière les récoltes fourragères de printemps et les céréales d'été si les conditions de levée sont bonnes. Ceci se fait à frais réduit puisque nous ne faisons qu’un passage pour semer, avec des semences souvent fermières qui ne nous coûtent pas grand chose », explique Mathieu Accolas.  

Des variétés plus précoces et un objectif amidon

« Le maïs n’est semé que sur argilo-calcaires profonds. On ne tente plus sur les terres sableuses ». Le résultat est quand même variable selon les années et les parcelles : le rendement a varié entre 5 et 16 t MS/ha en ensilage plante entière sur les quatre dernières années. En 2020, les orages d'août (80 mm) ont permis de bons résultats alors qu'il y a trois ans, certaines parcelles n’avaient pas été fécondées.

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Mathieu Accolas choisit des variétés plus précoces qu’avant, d’indice 280 au lieu de 320 ou 340. Sa stratégie consiste à investir sur 12 hectares, dans l’objectif de mettre toutes les chances de son côté pour obtenir un aliment à très forte valeur énergétique qui constituera la moitié des rations d’engraissement (avec un méteil ou de la luzerne). L’éleveur choisit pour ces parcelles des variétés de type denté farineux. Ces maïs sont semés le plus tôt possible en avril, dans le couvert qui a été implanté fin août. La récolte se fait en maïs grain humide ou en maïs épis.

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Les parcelles à potentiel restreint sont récoltées en ensilage plante entière. Sur une douzaine d’hectares est ainsi semée de la semence d’hybrides basique et un peu de maïs population. Ces parcelles donnent la moitié de la ration des vaches suitées avec de l’ensilage de sorgho.  

Tous les fourrages de l'année sont analysés

Le maïs offre aussi parfois d’autres opportunités. L’an dernier par exemple, un maïs a été semé fin juin (indice 160) derrière une orge qui n’avait pas réussi. C’était risqué. Mais sur cette parcelle auront été récoltés 30 à 40 qx d’orge et 3 à 4 tMS d’ensilage de maïs, soit un bilan plutôt satisfaisant.

« Nous avons une mélangeuse. En fin d’été, nous faisons analyser tous les stocks et nous établissons les rations avec notre nutritionniste Yan Mathioux ». Elles sont composées, en plus du maïs, avec différents types de méteils titrant de 9 à 18 % de MAT, des sorghos multicoupe et monocoupe, des céréales immatures, de la luzerne, de l’enrubannage de prairies, et des couverts d’été à base de moha, millet, tournesol... « de tout ce qui est susceptible de pousser l’été ».