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Jeudi 05/11/2026

En 2026, la lentille au ralenti

Publié par Pleinchamp

Alors que la consommation ne cesse de croître, la production a fortement pâti des conditions caniculaires de cet été, accentuant un peu plus le déficit commercial, équivalant à la production moyenne nationale.

Sans surprise, la lentille n’a pas échappé aux foudres de l’été caniculaire. Le rendement moyen oscille entre 8 et 11q/ha selon les bassins de production, soit une baisse comprise entre 30 et 50 % en comparaison des rendements moyens enregistrés au cours de la dernière décennie, selon Terres Inovia. A deux exceptions près. En Haute-Loire, territoire de la Lentille verte du Puy AOP, le rendement moyen s’établit à 1,5q/ha contre 6q/ha en moyenne. Certaines parcelles n’ont pas été récoltées, le coût du battage dépassant la valeur du produit.

Surfaces (2026) et évolution des surfaces (entre 2025 et 2026) de la lentille (Source : Terres Inovia)

Dans le sud-ouest en revanche, la stratégie d’esquive des stress thermique et hydrique, consistant à semer la lentille en novembre plutôt qu’au printemps, confirme son intérêt pour la seconde année consécutive : le rendement moyen s’établit à 10q/ha, soit au niveau de celui enregistré en 2025 et supérieur à la moyenne décennale (8q/ha).

-30 % de surfaces

Si le niveau de la production nationale n’est pas encore connu, il devait se situer très loin des 31 000 tonnes enregistrées en 2025. Car à la chute des rendements s’ajoute la baisse de 30 % des surfaces emblavées, tombant à 24 000 ha. Si aucun bassin de production n’a disparu, les zones historiques de la moitié nord de la France sont particulièrement impactées, relève Terres Inovia, qui pointe des baisses proches de 50 % sur une diagonale allant de la Charente à la Marne.

La consommation deux fois supérieure à la production

La récolte 2026 va inéluctablement creuser le déficit commercial de la légumineuse, s’établissant à 30 000 tonnes lors de la campagne 2025-2026, équivalant peu ou prou à la production moyenne nationale. Le Canada, qui en produit 2,4Mt (2024), est de loin le premier fournisseur de l’Hexagone, où la consommation est en progression constante.  Selon OléoProtéines, l'observatoire du marché des protéines végétales à destination de l'alimentation humaine publié chaque année par Terres Univia, le premier poste de consommation de lentilles est la forme en sec appertisé (36 000 t, +1 % entre 2024 et 2025), devant le sec brut (17 000 t, +2 %), le plat cuisiné appertisé (12 000t, -7 %), le traiteur libre-service (3 100 t, +17 %) et les alternatives végétales (470 t, +68 %).