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Mercredi 04/11/2026
La fertilisation made in France ? JA et Greencell font le pari
Face à la volatilité des prix des engrais chimiques, largement importés, les Jeunes Agriculteurs du Puy-de-Dôme et la société auvergnate Greencell signent un partenariat pour développer les biofertilisants français.
Cette alliance entre le syndicat agricole et la société auvergnate, basée à Saint-Beauzire dans le Puy-de-Dôme, est un pari vers l'avenir, celui de réduire de 30 à 50% les apports d'engrais chimiques. « Nous sommes convaincus que la nouvelle agriculture arrive, notamment avec les produits Greencell. Les jeunes agriculteurs ont besoin des bons produits pour persister sur le marché et se développer » affirme Jean-Yves Berthon, président de Greencell, filiale du groupe Greentech.
Depuis 25 ans, l'entreprise sélectionne et multiplie des micro-organismes issus notamment des sols de Limagne (bactéries, champignons, levures) pour stimuler les cultures et réduire l'usage des phytosanitaires. Plus de 800 souches ont ainsi été référencées dans ses laboratoires de Saint-Beauzire, au cœur du Biopôle Clermont Limagne. Commercialisée en poudre à diluer, la gamme d'une dizaine de produits part est commercialisée dans le monde entier. « Nos solutions ne sont pas des alternatives mais des boosters. Les phytosanitaires sont des médicaments pour les plantes, les nôtres des compléments alimentaires », résume Laurie Carrio, responsable terrain.
Les biofertilisants entrent en test sur les parcelles des jeunes agriculteurs du Puy-de-Dôme
L'accord entre le syndicat et l'entreprise, prévoit un dispositif d'expérimentation conçu comme un laboratoire à ciel ouvert. Des jeunes agriculteurs (pas plus de 38 ans) du réseau JA 63 testeront les solutions biosourcées, dont le biostimulant NUTRILIS®, sur leurs prairies et cultures. Les essais démarreront « dès l'année prochaine, un peu sur les cultures d'automne, puis plus fortement sur les cultures de printemps », détaille le dirigeant. Un partenariat « donnant-donnant ». Greencell teste ainsi ses produits à plus grande échelle, en conditions réelles. Les JA évaluent leur efficacité sur des terrains et des cultures variés. La société puydomoise s'engage pour les besoins expérimentaux à fournir gratuitement les produits.
« Nous ne disons pas d'arrêter tous les engrais chimiques, nuance Adrien Lhommet, président de JA 63. Il faut apporter de l'azote, du phosphore, de la potasse mais on veut raisonner et changer nos pratiques pour passer le cap du changement climatique et mieux maîtriser nos charges. » Travailler avec une entreprise du territoire a aussi pesé dans la balance décisionnelle du syndicat.
Les engrais chimiques sont désormais « quatre fois plus chers » que les biofertilisants, selon Jean-Yves Berthon. « Un levier pour structurer et sécuriser des exploitations confrontées à des prix des intrants que « personne n'arrive à maîtriser », complète Adrien Lhommet.