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Vendredi 30/10/2026

Météo : quelles sont les prévisions pour ce début de novembre 2026 ? La chronique de Nicolas Le Friant, expert météo

Publié par Pleinchamp

Ce mois d’octobre assez doux et plus humide en France, s'achève et se termine par une anomalie thermique de l'ordre d’environ +1 degré. Si ce mois n’est pas parmi les plus chauds observés en France, il reste toutefois plus chaud que la normale climatique 1991-2020.  Depuis le début de l’année 2026, nous relevons une importante anomalie positive de l’ordre de 2,36 degrés.

Concernant les précipitations, les cumuls pluviométriques relevés en octobre illustrent une situation très contrastée. Les précipitations ont été particulièrement abondantes dans certains secteurs, notamment dans le Sud-Est, tandis que les pluies n’ont pas touché partout le territoire avec la même intensité. Les valeurs observées sur quelques stations témoignent donc d’épisodes remarquables, mais ne suffisent pas, à elles seules, à décrire l’état hydrique de l’ensemble du pays. Cette différence d’échelle est importante : une semaine très arrosée, du 19 au 25 octobre, peut améliorer nettement la situation dans les régions concernées sans effacer le déficit constitué au cours des mois précédents. Depuis février 2026, les précipitations ont été déficitaires presque chaque mois et malgré l’amélioration observée après les pluies d’octobre, l’humidité des sols restait inférieure à la normale au 26 octobre (graphique ci-dessous).

Source : Météo France www.meteo.fr
Graphique sur l’évolution de l’humidité des sols, au 26 octobre 2026

Un répit utile, mais encore fragile

Les pluies ont toutefois apporté un répit tangible. La situation s’est nettement améliorée en Bretagne, en Normandie et dans les Hauts-de-France, ainsi qu’en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Corse, où les niveaux d’humidité des sols sont repassés au-dessus des normales. Cette amélioration régionale ne signifie pas pour autant que la sécheresse est terminée partout : sur une grande partie du pays, les sols demeuraient plus secs que ce qui est habituel à cette période de l’année. La reprise des précipitations doit ainsi être comprise comme une étape favorable, et non comme un retour généralisé à la normale. Leur effet dépend de leur répartition dans l’espace et dans le temps, ainsi que de l’état des sols à l’issue des épisodes pluvieux. Les cumuls intenses enregistrés localement et le déficit qui persiste ailleurs peuvent donc coexister au cours d’un même mois.

Une évolution à suivre au-delà d’un seul épisode

Cette dernière semaine d’octobre est de nouveau bien sèche, sans pluie significative. Dans ces conditions, la sécheresse des sols devait se maintenir sur une grande partie du territoire, malgré l’amélioration déjà constatée dans plusieurs régions. En résumé, le bilan d’octobre souligne ainsi le décalage possible entre le retour visible de la pluie et la résorption d’une sécheresse installée dans la durée. Les épisodes récents ont corrigé une partie du déficit dans certaines zones, mais ils n’ont pas encore suffi à rétablir partout des conditions d’humidité conformes à la saison.

Voir aussi : [Dossier] En 2026, l’agriculture à l’épreuve du climat de 2050, voire 2100

La 1ère décade de novembre 2026 sous conditions de blocage anticyclonique ?

Source : https://polarwx.com/
Situation atmosphérique prévue le mercredi 4 novembre (modèle européen :  ECMWF)

Jusqu'à demain, samedi 31 octobre, les conditions météorologiques ne vont pas évoluer sur la France avec beaucoup de soleil, sous l'influence d'un anticyclone situé sur l'Allemagne, véhiculant un flux d'est à nord-est sec et continental. Le tout, sous des températures globalement de saison.
Toutefois, à partir du dimanche 1er novembre, cette zone de hautes pressions va complètement s'affaisser et sera remplacée par une nouvelle, qui va se renforcer sur le nord-ouest des îles britanniques. De prime abord, ces anticyclones bloqueront, quoi qu'il arrive, l'humidité en provenance de l'océan Atlantique. En revanche, ce 2ème et puissant anticyclone, qui persistera jusqu’au week-end des7/8 novembre, véhiculera une goutte froide, en provenance de la mer Baltique (carte de la situation ci-dessus), qui s'isolera probablement entre mardi et mercredi vers les régions méditerranéennes.
Résultat, sur la moitié nord, l'humidité, en provenance de mer du Nord va pouvoir s'infiltrer à partir de dimanche où la nébulosité deviendra plus importante. La 2ème conséquence sera que l'instabilité pourrait se développer entre mercredi et vendredi près de la Méditerranée où il faudra surveiller les cumuls pluviométriques, principalement sur l’est de la Corse et le Languedoc-Roussillon. Cette goutte froide fera baisser les températures qui passeront en dessous des normales climatiques, de 2 à 3 degrés en moyenne à l’échelle du pays, la semaine prochaine.

Source : ECMWF https://charts.ecmwf.int
Cartes sur les anomalies des précipitations et des températures (du 2 au 9 novembre 2026)

Sur le reste du pays, la 2ème partie de semaine prochaine pourrait voir revenir un flux d'est anticyclonique, continental et donc plus sec, en liaison avec le décalage de la goutte froide vers la péninsule ibérique. L’astre du jour rayonnera donc davantage. Quant aux températures, elles accuseront toujours un déficit avec de nombreuses mais de faibles gelées nocturnes et matinales en plaine. En résumé, d’ici le mardi 10 novembre 2026, nous envisageons la persistance de conditions anticycloniques favorisant peu de précipitations, à l’exception peut-être d’un épisode méditerranéen, entre le mercredi 4 et le vendredi 6 novembre, ainsi que des températures plutôt fraîches pour la saison, mais sans parler de coup de froid !