Grippe aviaire : des indemnisations et les prémices d’une feuille de route

Une avance de 40 millions d’euros est destinée à compenser les pertes économiques des éleveurs, les accouveurs bénéficiant d’une aide de 30 millions d’euros. Attendue pour juillet, la feuille de route sanitaire pour la prochaine campagne s’appuiera sur un avis de l’Anses, qui prône, en période à risque, une mise à l’abri des animaux basée sur une analyse des risques individuelle.

Après les acomptes sanitaires d’ores-et-déjà versés, « à quelques exceptions près », à tous les éleveurs directement impactés par l’épidémie de grippe aviaire, le ministère de l’Agriculture a dévoilé les modalités et le calendrier des indemnisations versées au titre des pertes économiques. Une avance de 40 millions d’euros est ainsi allouée aux éleveurs, incluant une indemnisation à 100% sur les 90 jours suivant la période de restriction pour les élevages gaveurs.

La procédure sera ouverte par FranceAgriMer en juin-juillet pour des versements entre août et octobre. Cette avance fera l’objet d’un complément en fin d’année, après examen des pertes réellement subies. Une enveloppe de 500.000 euros est réservée aux éleveurs de poules pondeuses indirectement impactés par la crise sanitaire. Les accouveurs se voient attribuer une aide de 30 millions d’euros. La filière gibier, qui a subi la double peine du Covid, avec les restrictions de pratiques de la chasse, et de l’influenza aviaire, va se voir attribuer « rapidement » une aide de 2,5 millions d’euros, à laquelle s’ajoutera une enveloppe de 6,5 millions d’euros pour pertes économiques. La filière aval bénéficiera quant à elle d’une mesure d’avance de trésorerie remboursable de 10 millions d’euros, qui reste à ce stade suspendue à l’accord de la Commission européenne.

« Anticiper, prévenir, adapter »

Le ministère a par ailleurs présenté les premières orientations de sa feuille de route destinée à prévenir la survenue d’une prochaine épidémie, la grippe aviaire ayant frappé à trois reprises au cours des cinq dernières années. Baptisée « anticiper, prévenir, adapter », elle est co-construite avec l’ensemble des parties prenantes (syndicats, interprofession, services de l’Etat) et devrait être finalisée pour le mois de juillet, les premières réunions ayant démarré en février dernier sous l’égide d’un coordinateur du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux.

La feuille de route devait reposer pour partie sur un avis de l’Anses, attendu dans les jours à venir, éclairant les parties prenantes sur les moyens de prévenir l’introduction et la diffusion du virus. Parmi les préconisations figurerait, en période de risque, une « mise à l’abri des animaux adaptée à l’analyse de risques, prenant en compte les zones à risques, les niveaux de risques, la diversité des modes d’élevage et des espèces », indique le ministère de l’Agriculture. Cette disposition devrait rendre caduque la dérogation de claustration pour les élevages comptant moins de 3200 canards.

Sur-densité et vaccination

Le ministère se félicite de « l’esprit d’équipe qui prévaut depuis le début de la crise et des consultations » pour construire la prochaine feuille de route. Le moment venu, « l’Etat prendra ses responsabilités pour adapter les textes réglementaires, en fonction des décisions et des concertations des groupes de travail, afin d'aboutir à un dispositif pérenne convenant à toutes les espèces et à tous les types d'élevage ».

Une base de données recensant en temps réel les effectifs d’animaux présents dans les élevages devrait être créée. Sont aussi sur la table des discussions la question de la sur-densité d’animaux et d’élevages dans certaines zones de production, ainsi que la vaccination, avec dans ce dernier cas une échéance dépassant la prochaine campagne.