Inquiétude des éleveurs pour la nouvelle PAC

[Bovins : conjoncture sem 20-2021] A l’heure des derniers arbitrages sur les futurs contours de la PAC et des orientations nationales qui seront prises, les éleveurs allaitants restent inquiets de voir une nouvelle fois, leurs revenus sacrifiés.

Cette filière est déjà celle qui a les revenus les plus bas en France avec des tarifs à la production qui ne peuvent subvenir à l’équilibre financier des exploitations sans les aides européennes. Or, les choix qui seront faits pour la future PAC 2023-2027 définiront les orientations de production de demain. Chaque pays de l’UE aura plus de l’attitude dans ses choix ce qui risque d’engendrer de grosse distorsions de concurrence au sein de l’U.E entre ceux qui vont vouloir aller vers une marche forcée vers le verdissement et ceux qui auront une politique plus agressive et industrielle. C’est déjà le cas quand on regarde la taille de certaines exploitations en Italie, Espagne ou en Allemagne comparée à la France. Ces choix sont ceux donnés par les politiques dans un mouvement plus ou moins marqué par le respect de l’environnement et des contraintes que cela impose.

La consommation de viande bovine reste soutenue par la demande en viande hachée ou transformée en France. Le niveau d’activité des abattoirs reste très correct malgré les fériés de l’Ascension et de la Pentecôte. Après des semaines de contraintes liées aux mesures de confinement et de couvre-feu, un vent de liberté souffle à nouveau. L’assouplissement progressif des contraintes et la réouverture des commerces et de la restauration donnent enfin des perspectives encourageantes pour les semaines à venir. Malgré une météo peu favorable et froide, les ventes ont été assez soutenues dans les magasins. Ce phénomène de reprise est observé également chez nos voisins européens. L’activité touristique a repris, mais elle demeure concentrée sur une clientèle nationale. Les grillades ont été plus nombreuses, même si la pluie en a limité un certain nombre. La consommation de viande hachée reste soutenue avec des produits assaisonnés qui trouvent de plus en plus d’adeptes. Les brochettes font leurs réapparitions dans les linéaires et vont venir progressivement prendre la place des viandes à bouillir (peu consommées en période chaude).

Depuis l’annonce du calendrier de réouverture de la restauration, la demande pour les pièces à griller se renforce. Le marché allemand bénéficie également du soutien de la consommation intérieure avec un très fort attrait pour les parties « avant » consommées sous forme de haché ou de goulash. Les pièces nobles seront de nouveau exportées vers la RHD en France. C’est également le cas pour l’Espagne. Les tarifs des laitières sont en progression sur l’ensemble des pays de l’UE avec un équilibre offre/demande qui commence à ressentir plus fortement le recul de la production. Ce phénomène avait été quelque peu estompé par la crise Covid. Les annonces du groupe Lactalis d’un relèvement significatif du prix du lait dans les prochaines semaines ne vont pas remettre de disponibilités sur le marché, surtout que les conditions climatiques se montrent de plus en plus favorables à la pousse de l’herbe avec le réchauffement progressif des températures.