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Mercredi 25/02/2026

Installation agricole : un parcours du combattant pour 8 candidats sur 10

Trouver une ferme, se financer, accéder au foncier : sans surprise, les défis de l'installation agricole restent majeurs pour la plupart des candidats, qui affichent malgré tout une grande confiance dans leur avenir professionnel. Tels sont les enseignements tirés par l’entreprise Eloi, qui publie son premier baromètre de l’installation.

La société Eloi, qui propose un site internet de mise en relation entre les cédants et les porteurs de projets agricoles, a dévoilé le 24 février son premier baromètre de l’installation agricole, permettant de cerner les profils, les motivations et les difficultés rencontrées par les nouveaux installés en agriculture. La société revendique environ 10 000 porteurs de projets inscrits sur la plateforme. « Il s’agit d’une photo à l’instant T, et nous verrons comment elle évolue année après année », a indiqué François Moret, co-fondateur d’Eloi, lors d’une conférence au Salon de l’Agriculture.

Pour établir ce baromètre de l’installation, Eloi a interrogé à la fois des porteurs de projets et des nouveaux installés depuis quelques années, pour 400 répondants au total. Quel est leur profil ? « Une moyenne d’âge de 35 ans, 60% non issus du milieu agricole, un tiers de femmes », précise François Moret. Quelles sont leurs motivations ? « Pour un répondant sur trois, l'agriculture n'est pas un métier, c'est une vocation : la passion écrase tous les autres critères de motivation », poursuit François Moret.

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Foncier et financement, les freins majeurs

Interrogés sur leurs difficultés rencontrées, les candidats à l’installation indiquent que le problème principal est de trouver une ferme adaptée à leur projet. Viennent ensuite le financement et l’accès au foncier. « Concernant le financement, la difficulté qui revient est la capacité d’avoir une ferme positionnée au bon prix, note François Moret. Cette question est fondamentale dans la capacité à transmettre d’un côté et à s’installer de l’autre ».

Le baromètre a également pris le pouls des différences de perception entre les porteurs de projets et les agriculteurs récemment installés. « Ce qui ressort des réponses, c’est qu’avant l’installation, il y a une sous-estimation des difficultés liées à la recherche du foncier et à l’administratif », analyse le co-fondateur d’Eloi.

Malgré la nécessité d’attirer de nouvelles générations vers les métiers agricoles, le parcours à l’installation demeure un véritable frein. « Huit répondants sur dix nous disent que le parcours à l’installation a été globalement un parcours du combattant », poursuit François Moret. Malgré tout, les trois quarts des répondants se disent « très confiants » ou « assez confiants » dans le fait de voir aboutir leur projet d’installation. « Ce chiffre nous a agréablement surpris », confie-t-il.

Enfin, à contre-courant du climat ressenti dans l’opinion publique, plus des deux tiers des porteurs de projets et des jeunes installés disent avoir confiance dans l’avenir du monde agricole. Un motif d’espoir pour le renouvellement des générations et l’avenir de l’agriculture.

L’installation au féminin

Alors qu’aujourd’hui, près de la moitié des élèves de l’enseignement agricole sont des femmes, « les préjugés sont tenaces sur les compétences des femmes à exercer ce métier », déplore le co-fondateur d’Eloi. Le manque de crédibilité et le sexisme représentent deux tiers des freins cités par les femmes dans le baromètre. « Quatre agricultrices sur dix nous disent : être une femme a rendu mon parcours d’installation plus compliqué ». Le 24 février, le ministère de l’Agriculture a décrété un plan d’action destiné à lever les freins pesant sur les femmes à chaque étape de leur parcours agricole et à valoriser pleinement leur contribution, en les rendant visibles et reconnues.

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