- Accueil
- La consommation de viande rouge se rétracte
Vendredi 30/10/2026
La consommation de viande rouge se rétracte
La tendance commerciale se durcit dans un contexte économique et social très tendu en cette fin de mois.
Conjoncture – Après une année que l’on peut qualifier d’exceptionnelle en termes de prix, la décroissance voire la chute des cours va laisser des traces dans les campagnes. Après un été caniculaire et une sécheresse sans précédent, les difficultés économiques s’accumulent. Le manque de fourrage et la perte de fécondité engendrent une accentuation de la décheptellisation, notamment dans le secteur laitier. Les industriels de la viande l’ont fortement constaté ces derniers mois, avec plus de sorties, accompagnées d’une baisse sévère de la qualité des animaux. Comme beaucoup de catégories professionnelles, les agriculteurs subissent la hausse de leurs charges, en particulier des produits issus du pétrole. Les aides gouvernementales sont présentes pour atténuer le choc, mais l’ardoise reste salée.
Le monde de l’élevage allaitant, bien que plus résilient, est également touché par la baisse des effectifs. Les départs à la retraite ne sont plus compensés par les installations, et les agrandissements des fermes ne veulent pas dire : reprise des cheptels. A cette période de l’année et au regard du climat commercial dans le secteur aval, les animaux mis en vente viennent charger le marché de la viande. L’orientation vers le secteur de l’engraissement est ralentie, avec des opérateurs déjà chargés, et qui donnent la priorité à la vente d’animaux gras. Il faudra attendre le début de l’année pour retrouver de la demande en prévision de la saison d’herbage, mais avec une contrainte importante d’avoir des stocks de foin suffisants.
La baisse des prix, la hausse des charges et le manque de fourrage sont éprouvants moralement et vont laisser de lourdes traces économiques dans les exploitations. Les cessations d’activités et les dépôts de bilan sont en progression avec les conséquences que l’on peut imaginer sur la vie des familles touchées.
La décroissance des cheptels laissera la place dès l’an prochain à un manque important de marchandise. Les industriels et les exportateurs craignent une nouvelle vague haussière des prix, qu’ils essaieront de maîtriser pour ne pas revivre les excès qui ont conduit à un affaissement de la consommation.
En revanche, une chose est sûre, les consommateurs n’ont pas vu de baisse de prix de la viande sur les étals (ou très légère), notamment sur le steak haché qui reste le produit le plus consommé. Sur le Réseau des Nouvelles des Marchés (RNM), le prix de vente au détail du steak haché 15 % MG (conditionnement 1 à 3) reste au-dessus des 17€ à 17,19€ en baisse de 2 % depuis un mois.
Cette revalorisation espérée des produits par les éleveurs restera néanmoins sous la menace des importations du Mercosur, qui perdure même en l’absence du Brésil.
Malgré une volonté affichée de restaurer l’autonomie alimentaire, le marché européen reste très perméable surtout quand les prix sont élevés. L’autre point important, c’est la consommation, car c’est elle qui détermine le dynamisme du marché. Malheureusement, les signaux ne sont pas bons, avec un pouvoir d’achat en baisse, une économie française exsangue et une incertitude politique qui maintient les populations dans le doute