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Vendredi 05/06/2026
Le brésil renforce ses positions sur l’Europe
Le recul de la production européenne et le niveau élevé des prix ouvrent les portes aux importations
Conjoncture – Malgré une consommation de viande bovine qui se rétracte en permanence sur l’ensemble des pays de l’UE (-2 % en 2026), le recul de la production européenne (-3 %) et la flambée des prix que cela a générée ont créé un appel d’air aux viandes hors UE, avec en première ligne le Brésil. Les barrières sont nombreuses, avec des négociations toujours en cours, mais le train (pour ne pas dire le rouleau compresseur) est en marche. Les portes d’entrée se font sur les principaux pays importateurs comme l’Italie ou les Pays-Bas avec le port de Rotterdam comme tête de pont. Le déficit de production de jeunes bovins (lié aux crises sanitaires) qui a engendré une flambée des prix, a contraint l’Italie à regarder de plus près l’Amérique du Sud. Depuis le début d’année, les envois brésiliens sur l’Italie ont progressé de 83 %, plaçant ce pays comme premier fournisseur devant la Pologne, les Pays-Bas ou la France.
La multiplication des accords commerciaux (CETA, Australie, Mexique, Mercosur…) ouvre en grand les portes de l’Europe, avec des clauses de sauvegarde qui seront difficiles à mettre en œuvre.
Cette entrée en force provoque un effet domino, avec des pays européens exportateurs qui se repositionnent. Les viandes UE sont plus présentes sur la France, avec des tarifs agressifs, alors que nos exportations sont moins compétitives.
Les éleveurs français sont très vigilants sur une telle dérive. Leurs demandes de traçabilité complète des viandes sur les produits transformés sont légitimes et soutenues par les consommateurs, mais elles se heurtent aux lobbys puissants de l’agro-industrie.
Le tissu de l’élevage qui anime nos campagnes est fort et le lien avec les Français l’est tout autant. Mais dans la vie courante, ce qui compte également c’est le pouvoir d’achat et l’image que renvoient certains produits onéreux. La viande bovine ou le poisson en font partie, face à de la volaille ou du porc.
Le recul des prix de ces dernières semaines n’a pas encore ruisselé jusqu’au consommateur, mais le prix n’est qu’un des composants dans le recul des ventes de viande rouge. Avec seulement 60 gr de consommation journalière, les variations de prix sont peu perceptibles. Les habitudes alimentaires d’une génération, beaucoup plus flexitariste, sont également responsables de cette baisse. Les jeunes générations seront de moins en moins carnivores, avec des habitudes alimentaires qui leur sont imposées dans les cantines et la restauration scolaire. Même la restauration rapide modifie ses offres.
Les Français se disent préoccupés par les enjeux environnementaux et se considèrent comme des consommateurs responsables. Mais les informations qu’ils reçoivent sont trop souvent entachées de fausses affirmations, relayées par des militants anti-viandes (très médiatisées). Les Français aiment la viande rouge, mais comme dans de nombreux pays leur choix bascule de plus en plus vers les produits élaborés. Dans ce cas, l’impact environnemental prend moins de sens. Tout commence par la petite enfance et des habitudes alimentaires de parents qui ne prennent plus le temps de cuisiner.