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Mardi 17/02/2026

Nutrition azotée du blé : l'enquête Arvalis confirme le savoir-faire des agriculteurs

Quels sont les principaux besoins des producteurs et les leviers dans la nutrition azotée du blé tendre ? Quelles sont les perspectives de progrès ? Pour répondre à ces questions, Arvalis a mené cet hiver une enquête auprès des agriculteurs sur leurs pratiques de fertilisation azotée du blé. Les résultats mettent en évidence une bonne maîtrise technique, avec quelques marges de progrès, comme l’analyse Alexis Decarrier, responsable de la filière Blé tendre chez Arvalis.

Perspectives Agricoles : Quelles sont les bonnes nouvelles de cette enquête ?

Alexis Decarrier : Les résultats de l’enquête1 sont encourageants. Les agriculteurs adaptent aujourd’hui la dose d’azote aux conditions de l’année, aux parcelles et au potentiel des cultures. Le calcul de la dose est bien maîtrisé, souvent à l’aide d’outils, de bilans ou de l’accompagnement d’un technicien. L’utilisation des analyses de reliquat en sortie d’hiver et des produits organiques est également répandue.
Autre point positif : le fractionnement des apports est désormais bien intégré. Les agriculteurs réalisent 3, voire 4 apports et connaissent les stades clés pour optimiser l’efficacité de l’azote.
Le choix des formes d’azote est réfléchi et raisonné. Les agriculteurs prennent en compte les avantages et limites de chaque forme azotée et ajustent leur stratégie selon la performance, le coût, les équipements disponibles et les contraintes logistiques. Les itinéraires techniques s’adaptent ainsi pour maîtriser les coûts et le temps de travail, avec un développement notable de la modulation intra-parcellaire.

« Les pratiques évoluent encore pour mieux valoriser ces apports, en tenant compte de la variabilité clima­tique et en affinant les repères.»

PA : Alors, tout va bien ?

A. D. : Les producteurs ont cité fréquemment plusieurs difficultés comme le prix élevés des engrais, les contraintes réglementaires et l’organisation du travail. Des marges de progrès subsistent. L’optimisation du dernier apport reste délicate, en particulier en cas de printemps très sec ou très humide. La R&D se poursuit encore sur ces aspects pour mieux valoriser ces apports, en tenant compte de la variabilité climatique et en affinant les repères pour leur efficacité.

PA : Quelles autres pistes de travail ont été identifiées ?

A. D. : Sur le plan de la qualité protéique, il est nécessaire de renforcer la pédagogie sur les besoins des cultures et l’importance de positionner certains apports à la fin de la montaison selon la variété.
Les OAD jouent un rôle clé dans l’optimisation des apports. Leur utilisation progresse, mais certains freins demeurent : conseils parfois tardifs, possibilité limitée de corriger les doses, ou complexité des outils. Les nouveaux outils comme Ferti-Adapt CHN visent à lever ces freins en permettant un ajustement dès le début du cycle et en diffusant des recommandations en continu.
L’accent est mis sur l’accompagnement et le transfert des bonnes pratiques, notamment pour le dernier apport, la fertilisation azotée sur sols complexes et les apports tardifs. Ces thématiques seront au cœur des travaux et échanges prévus dans les forums « Blé tendre ».

1.Enquête réalisée en ligne entre septembre et décembre 2025, à laquelle ont répondu 778 agriculteurs.