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Mardi 15/09/2026

« On n'est pas en train de quémander des milliards » : au Space de Rennes, la profession face à l’urgence du court terme

Publié par Pleinchamp

Au Space de Rennes, la ministre Annie Genevard a salué la résilience des agriculteurs. Mais le milliard promis par l'État ne suffit pas : la FNSEA attend des mesures bancaires d’urgence pour soutenir rapidement les trésoreries.

« Le Space est la démonstration de filières qui croient en leur avenir ». Lors de sa venue au salon de l’Elevage à Rennes le 15 septembre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard s’est dite « frappée » par l’esprit de « résilience » des agriculteurs. « En dépit des difficultés des filières agricoles, je n’ai entendu parler ce matin que d’avenir : comment on s’adapte, comment on résiste mieux à la chaleur, à la sécheresse… ».

« Bien sûr, elle [l’agriculture française] aurait voulu davantage que le 1,3 milliard que l’Etat est prêt à donner, mais elle est consciente de l’effort que ça représente, et surtout elle veut qu’on l’accompagne dans l’avenir », a poursuivi la ministre.

Un plan totalement insuffisant aux yeux de la profession. « On n’est pas en train de quémander des milliards. Mais c’est un drame social que vit l’agriculture, et il faut l’accompagner », a réagi Anthony Ménard, président de la FRSEA Pays de la Loire.

« Dans le prochain budget, il y aura des éléments qui répondront à ce besoin d’affronter plus efficacement les chocs qui pourraient se produire. Mais pour cela il nous faut un budget », a ajouté Annie Genevard. Une promesse qui ne rassure guère une profession en quête de solutions immédiates.

La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs placent de fortes attentes sur le secteur bancaire, notamment sur la mise en place de prêts à taux zéro. « Nous savons que ça ne sera pas la seule réponse mais elle est attendue par beaucoup », a argumenté Arnaud Rousseau.

« Il n’est pas question d’attendre le futur budget », a martelé le président de la FNSEA, espérant « des annonces du gouvernement d’ici la fin de la semaine ». « Les établissements bancaires sont prêts », a-t-il assuré.

« On attend que les discussions avancent avec le gouvernement », a confirmé Jean-Pierre Touzet, directeur du pôle agri-agro de Crédit Agricole SA. Et de rappeler que le groupe bancaire « s’est tout de suite mobilisé dès le début du mois de juillet avec une réponse sur un court terme de trésorerie à 2,5% et un crédit dédié à l’adaptation ».

« Aujourd’hui, au vu des besoins de trésorerie, il est clair que le court terme sur 12 mois n’est pas une réponse suffisante. Le groupe va se positionner sur un court terme sur 24 mois à 2,5% pour accompagner toutes les exploitations qui ont été fragilisées », a précisé Jean-Pierre Touzet.

Car la réalité climatique reste prégnante. « On attend toujours l'eau pour nos besoins fourragers », a rappelé Anthony Ménard. L’été a beau prendre fin, la catastrophe climatique, elle, n'est pas terminée.