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Lundi 14/09/2026
Terres de Jim 2026 : « Aujourd’hui, plus d’excuses ! » le président des Jeunes Agriculteurs, Jocelyn Dubost, interpelle la ministre de l’Agriculture et Bruxelles
À Terres de Jim, vendredi 11 septembre, le président de Jeunes Agriculteurs Jocelyn Dubost a interpellé frontalement la ministre de l’Agriculture Annie Genevard et le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen. Après un été marqué par une sécheresse sévère, il réclame des réponses concrètes sur les aides d’urgence, l’adaptation climatique, l’installation des jeunes et le futur budget de la PAC.
"Madame la Ministre, Monsieur le Commissaire européen, Monsieur le Préfet, Mesdames, Messieurs les parlementaires, Monsieur le Président de la région Grand Est, Monsieur le Président du département de La Moselle, Monsieur le Maire de Metz, Mesdames et Messieurs les élus, chers partenaires, chers JA, Mesdames et Messieurs : bienvenue aux terres de Jim 2026. D'un point de vue personnel, je peux vous le dire, je suis très heureux de marquer mon début de mandat ici, au milieu des champs, au plus près de notre réseau JA. Qui m'est si cher. Avant tout propos, je voudrais déjà vous dire merci. Merci aux jeunes agriculteurs de Moselle, à l'ensemble des bénévoles qui donnent de leur temps, de leur énergie, pour faire des terres de Jim, ce rendez-vous si unique.
Face aux crises successives, les jeunes agriculteurs se sont mobilisés
"Il faut se dire qu'il y a aussi un combat. Un combat qui est celui d'une génération qui veut pouvoir vivre, vivre de son métier, d'une génération qui veut pouvoir produire, d'une génération qui veut pouvoir transmettre sa ferme. Et cette année encore, je suis fier de le dire, notre réseau de jeunes agriculteurs a été au rendez-vous. Nous avons connu des crises climatiques d'une violence inouïe. Les agriculteurs ont vu des années de travail réduites à néant en seulement quelques heures.
Et face à des annonces malheureusement bien en dessous de nos espérances, nous aurions pu nous résigner. Je vous le dis sans rougir, nous ne l'avons pas fait. Jamais, car tout ce qui représente les JA, c'est bel et bien la résilience. La résilience parce que vous, vous êtes mobilisés. La résilience parce que vous, vous avez refusé l'injustice. Et la résilience parce qu'on ne veut plus de paroles sans aucune action.
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Des aides insuffisantes et qui tardent à venir
Il y avait urgence dans les perspectives. Et aujourd'hui, effectivement, les réponses sont arrivées. On nous parle d'indemnisation, on nous parle d'un plan d'urgence, on nous parle de moyens supplémentaires. Mais malgré ce chiffre impressionnant, Madame la ministre, combien d'euros arriveront réellement dans nos fermes ? Les exemples sont criants. Cela fait désormais trois mois que l'aide GNR est attendue. Trois mois que nos agriculteurs attendent concrètement le versement de cette aide face aux difficultés de trésorerie. Nous ne pourront pas nous satisfaire de délais et de promesses toujours plus longues.
Ce que vous proposez, madame la ministre, c'est encore bien loin des réalités du terrain. Je vous demanderai même, qu'en est-il du plan pour préparer l'avenir ? Qu'en est-il du fameux plan rebond ? Pour l'instant, malheureusement, rien ne prépare notre avenir. Et pire encore, aucun message n'est à destination de notre jeunesse agricole. Et pourtant, aujourd'hui, vous avez toutes les cartes en main. En pleine crise, notre réseau JA a fait le travail. Cette crise, nous l'avons documentée, nous avons dressé le bilan et surtout, nous avons mis des solutions sur la table.
Nous avons sorti un livre blanc sécheresse. Ce livre blanc sécheresse, c'est notre constat. Il est notre réponse à la période historique que nous avons vécue cet été. Ce livre blanc sécheresse, il rapporte des propositions. Des propositions à court, à moyen, mais aussi à long terme, pour gérer les conséquences de la crise de cet été, mais aussi et surtout pour préparer celle des années à venir. Car oui, de fait, ces aléas sont amenés à se répéter. Chez Jeunes agriculteurs, nous ne voulons plus seulement réparer, non. Nous voulons une vraie stratégie qui prépare l'avenir et qui donne un vrai cap à notre jeunesse agricole française.
Il y a urgence !
Madame la ministre, Monsieur le commissaire européen, aujourd'hui, plus d'excuses. Nous attendons des changements radicaux, afin de ne plus subir de la même manière les conséquences des différentes crises qui frappent notre agriculture. Nous n'accepterons plus l'immobilisme politique qui fait perdre à notre agriculture un temps si précieux et sa capacité de production. Au-delà du revenu des agriculteurs, c'est bien notre souveraineté alimentaire, en France comme en Europe, qui est aujourd'hui menacée. Ces enjeux dépassent toute situation individuelle. Ils sont collectifs et ils doivent tous nous mobiliser.
Madame la ministre, je le répète, les plans et contrats d'avenir doivent être signés avant la fin de l'année. Nous les attendons avec fermeté, mais ils devront être construits avec tous et sans reproduire les erreurs du passé. L'agriculture française n'a plus besoin d'un énième dispositif complexe. L'agriculture française a besoin d'une solution qui fonctionne concrètement et réellement sur le terrain.
Monsieur le commissaire, ne laissez pas la situation continuer à se dégrader. Devenez vous aussi un porte-parole de cette jeunesse agricole qui veut croire en demain. Les grandes échéances arrivent à nous. Janvier 2027 marquera le lancement national du FSA. Nous serons bien sûr présents et vigilants, car l'installation des jeunes ne l'oublions jamais, c'est notre ADN, c'est l'ADN des JA. Nous devrons nous assurer de son bon fonctionnement, de son efficacité et de la rapidité de son déploiement. On ne peut pas afficher une ambition nationale pour l'orientation agricole et, dans le même temps, réduire les moyens consacrés à la sensibilisation des jeunes. Parce que la vraie question derrière tout ça, madame la ministre, monsieur le commissaire européen, qui fera vivre nos exploitations demain? Qui voudra reprendre nos fermes ? Qui produira notre nourriture ? Qui fera vivre notre campagne ? Si on ne nous donne pas les moyens de faire connaître et de valoriser nos métiers, nous prenons le risque de voir nos lycées agricoles se vider, alors qu'aujourd'hui, ils sont bien pleins avec une génération prête à relever tous les défis.
Quid de la nouvelle PAC ?
Je ne pouvais pas faire un discours aux terres de Jim sans parler de la politique agricole commune. Monsieur le commissaire, nous attendons de la PAC une véritable politique d'avenir, une politique qui structure, une politique qui crée de la valeur, qui encourage la production sur tout le territoire et surtout qui aide nos jeunes à s'installer. Nous voulons vous voir aussi, madame la ministre, à Bruxelles, dans l'hémicycle, pour les jeunes et pour cette nouvelle génération qui attend beaucoup. Parce que la PAC ne doit pas uniquement gérer les crises du présent. La PAC, comme j'ai déjà dit, elle doit être un outil qui nous donne une vraie ambition future. Car oui, la PAC, c'est avant tout un enjeu de souveraineté alimentaire.
Et pour cela, nous ne pourrons tolérer une baisse de son budget, pas un euro de moins pour nos agriculteurs. Car demain, sans jeunes agriculteurs, pas d'agriculture. Et 10 % du budget des DJA, pas de jeunes agriculteurs. Alors oui, les défis sont immenses, les crises sont nombreuses, mais nous continuerons de faire face. Nous continuerons de faire face, mobilisés, solidaires, sur le terrain, avec notre réseau de jeunes agriculteurs.
Les terres de Jim, vitrines des JA
La jeunesse agricole, madame la ministre, monsieur le commissaire, ils sont là devant vous et ils sont prêts et déterminés C'est pourquoi, finalement, terres de Jim, ce n'est pas qu'un événement agricole annuel. C'est aussi notre vitrine. C'est ce que notre agriculture est capable de faire. C'est l'occasion de transmettre notre passion aux jeunes, aux écoliers, aux élus locaux, nationaux, européens, et à tous les visiteurs qui viennent aujourd'hui à notre rencontre pour ainsi promouvoir des métiers qui nous sont si chers. Terres de Jim, c'est aussi l'occasion de montrer une agriculture qui innove, qui entreprend, qui grandit, Avec les jeunes agriculteurs, nous défendons une vision d'agriculture authentique, ouverte à tous, profondément ancrée dans des territoires nouveaux, vivants et dynamiques. Mais d'agriculture dont nous sommes fiers, fiers de nourrir nos concitoyens et fiers de ces hommes et de ces femmes qui la façonnent au quotidien. Et surtout, ce que nous souhaitons partager avec vous au terme de Jim, c'est ce message d'espoir, ce message d'espoir qui doit nous réunir aujourd'hui. Nous continuerons de faire vivre la richesse du vivant et du monde agricole, plus que jamais.