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Mardi 03/02/2026

"Production, préservation, protection" : Macron veut rassurer les agriculteurs avant leur Salon

Emmanuel Macron a énoncé ses priorités pour l'agriculture française et européenne, "production, préservation et protection", lors d'une visite en Haute-Saône le 3 février, à l'approche du Salon de l'agriculture, pour lequel il a suggéré de réexaminer la décision sur l'absence prévue de bovins.

Rappelant la "période difficile" que traversent les agriculteurs, le chef de l'Etat a promis d'"apporter des réponses" avec le gouvernement, en présence de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard dans un élevage de Haute-Saône, à Vallerois-le-Bois. Il a évoqué "trois grands objectifs" pour que l'agriculture française et européenne soit "souveraine" et ait "de l'avenir".

Le premier "ça doit être de produire, c'est pas un gros mot de produire", a-t-il plaidé, demandant pour cela de "continuer de simplifier" pour "rendre la vie plus simple à ceux qui produisent". Dans ce cadre, il a dit vouloir "se battre" pour que la Politique agricole commune (PAC) en cours de négociation soit "à l'euro" près la même que sur la phase précédente. "Mais on a besoin aussi d'investir. Et ce qu'on va pousser, c'est des objectifs de production au niveau européen, filière par filière", pour éviter de "dépendre" et de "déléguer notre alimentation à d'autres", a insisté Emmanuel Macron.

"Le deuxième pilier, ça doit être la préservation", de "notre eau, notre sol, notre biodiversité", a-t-il poursuivi, malgré "les différences de sensibilités" notamment entre les organisations syndicales dont il a rencontré des représentants locaux.

"Le troisième pilier, c'est la protection", a-t-il encore dit. Selon le président, "il faut faire avec notre agriculture exactement ce qu'on a fait ces derniers mois pour notre acier ou pour notre automobile, de la préférence européenne et de la protection". A savoir que "quand on a une règle qu'on impose à nos producteurs, il faut l'imposer à ceux (...) dont on importe les biens".

Vote contre le Mercosur

Emmanuel Macron s'est félicité de l'absence de nouveaux cas de dermatose bovine "depuis un mois", et a donc estimé que les "conditions sanitaires" étaient bien meilleures que lorsqu'il a été décidé de ne pas accueillir de bovins au Salon de l'agriculture qu'il inaugurera le 21 février. "Je les ai invités à regarder s'il y avait peut-être des flexibilités possibles" sur la présence de bovins, "ça peut se regarder", a-t-il dit, mais il s'en est remis à la décision des professionnels et des organisateurs.

De nombreux agriculteurs se sont mobilisés en décembre et en janvier, notamment en raison de l'abattage imposé aux élevages touchés par la DNC, mais aussi contre l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur. La France a finalement voté contre le traité avec le bloc latino-américain, sans toutefois parvenir à bloquer le feu vert des Vingt-Sept. Le Parlement européen a ensuite saisi la Cour de justice de l'UE, ce qui suspend le processus de ratification.

Interrogé sur la possibilité que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen décide d'une application provisoire de l'accord sans attendre ce délai, Emmanuel Macron l'a appelée à "tenir" ses engagements d'attendre un "éclairage" de la justice. "Les accords sont faits pour être tenus. Donc, je pense que la présidente de la Commission, elle va respecter ce qu'elle a dit au Parlement", a-t-il ajouté.

"Prudence" sur une nouvelle loi Duplomb

Enfin, le président a affirmé qu'il fallait "regarder toujours avec beaucoup de prudence" les initiatives comme celle du sénateur Laurent Duplomb, qui a déposé le 2 février une nouvelle proposition de loi visant à autoriser la réintroduction de l'acétamipride, mais aussi du flupyradiflurone (insecticide), banni dans d'autres pays européens également, afin qu'ils puissent être utilisés sur un temps limité en cultures de betterave sucrière, mais aussi de pomme, noisette et cerise. "Le président du Sénat a décidé de soumettre ce texte au Conseil d'État. C'est la bonne approche. Donc il faut attendre le retour du Conseil d'Etat et sur cette base là, avoir un retour très précis pour voir ce qui est faisable et ce qui ne l'est pas", a temporisé Emmanuel Macron.