Sécheresse et canicule : la production des prairies françaises en fort déficit

Après un printemps prometteur, la production herbagère s'effondre cet été avec un déficit national de 23% par rapport à la normale. Les éleveurs font face à une situation préoccupante qui touche plus de 80% des surfaces prairiales du pays.

La situation fourragère française se dégrade considérablement en cette fin d'été 2025. Selon les dernières données d’Agreste, publiées le 29 août, la production cumulée des prairies permanentes affiche désormais un déficit de 23% par rapport à la moyenne de référence 1989-2018. Un renversement de situation après un début d'année favorable où l'on enregistrait encore un excédent de 17% au 20 mai.

Sur les trois derniers mois, qui représentent habituellement 41% de la production annuelle, le déficit atteint 60%. Cette chute drastique s'explique par la combinaison de deux facteurs météorologiques majeurs : un manque persistant de précipitations et plusieurs épisodes de canicule qui ont asséché les sols.

Sources : INRAe, Météo France, SSP

Une crise fourragère qui s'étend géographiquement

La cartographie des régions fourragères révèle l'ampleur du phénomène. Plus d'un tiers des régions fourragères, représentant 43% des surfaces en prairies permanentes, souffre d'un déficit supérieur à 25%. Au total, plus de 80% des prairies françaises produisent significativement moins que la normale, contre seulement 30% à la fin du printemps.

Sources : INRAe, Météo France, SSP

Les situations les plus critiques se concentrent au nord de la Seine, en Bourgogne, dans le Limousin et les Pays de la Loire, où le déficit dépasse presque partout 25%. Seules certaines régions du tiers sud-est et de la Franche-Comté maintiennent une production proche de la normale ou légèrement excédentaire.