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Jeudi 23/07/2026
[TÉMOIGNAGE] Dans le Morbihan, un départ d'associé largement anticipé pour une transmission en toute sérénité
Installé en 2024 sur la ferme familiale, à Calan, Léo Bardouil a conforté l'exploitation tout en anticipant le départ en retraite de son père, afin de ne pas être pris au dépourvu.
« M’installer sur la ferme familiale ? J’y pensais depuis la classe de Terminale ». Bac STAV en poche, Léo Bardouil enchaîne avec un BTS Acse puis une Licence pro gestion des organisations. « Pendant un an, j’étais en alternance sur une exploitation agricole ».
Aller d’abord voir ailleurs
Mais avant de s’installer, Léo a bien envie d‘aller voir ailleurs. Et le voilà technico-commercial en alimentation bovine pendant trois ans, tout en réfléchissant à son projet, reprendre les parts de l’associé de son père dans le Gaec, à Calan.
Lorsqu’il s’installe, au 1er janvier 2024, l’exploitation dispose de 150 ha de SAU, dont 40 à 50 ha de maïs, 30 ha de céréales, orge d’hiver et triticale, 15 ha de colza et le reste en herbe, dont une quinzaine d’hectares accessibles aux laitières.
90 vaches et deux robots de traite
La traite est robotisée depuis 2008 mais, avec 65 vaches, le robot est à la limite de la saturation. Pour conforter l’exploitation, le droit à produire passe de 610 000 à 960 000 litres de lait, le troupeau grimpe à 90 laitières, et un second robot fait son arrivée dans l’élevage.
« L’objectif est maintenant de parvenir à 1,2 million de litres sans augmenter le nombre de vaches », indique Léo. « Avoir 45 laitières par stalle, ça donne de la souplesse au système ». Les vaches fréquentent plus souvent le robot, avec une moyenne de 2,8 traites/jour et revoir l’alimentation a permis de faire progresser la moyenne d’étable, passée de 28 à 36 kg de lait/vache/jour.
Robot et pâturage
Si les vaches reçoivent une partie de leur ration à l’auge, elles sortent au pâturage toute l’année. « Nous avons fait le choix de séparer nos 15 ha accessibles en deux parcelles, jour et nuit, gérées en full graze », détaille l’éleveur. S’il reconnaît moins optimiser l’herbe qu’avec un système de paddocks, la simplicité de la conduite lui convient. « En avril-mai, le pâturage représente plus de 50 % de leur ration ». Et le bruit du tracteur distribuant la ration à l’auge les ramène vers le bâtiment, en fin de journée. « Pâturer permet une meilleure santé des pattes et rend la gestion de l’aire paillée plus facile », rajoute Léo. « Et j’apprécie de voir les animaux dehors ».
Optimiser l’existant
Pour limiter les investissements, les associés ont voulu optimiser l’existant, ne rajoutant que 15 mètres au bâtiment des laitières. « On a aussi construit un bâtiment pour le stockage des fourrages. Et de nouveaux silos ».
La prochaine étape sera la pose de panneaux photovoltaïques, pour une production d’électricité auto-consommée. « La traite par robot s’y prête bien, en lissant la consommation sur la journée. Et on vient aussi d’équiper le bâtiment de ventilateurs ». Lors des travaux d’agrandissement de l’aire paillée, la charpente du bâtiment a déjà été dimensionnée pour recevoir ces panneaux. « Une fois la décision prise, il ne restera qu’à les poser ».
Fidéliser la salariée
Léo le savait : il n’allait travailler avec son père que durant 5 ans, avant que ce dernier ne parte en retraite. « Je m’y prépare depuis mon installation », affirme le jeune éleveur de 27 ans, qui se fixe comme priorité de continuer à avoir du temps pour lui. « Je vais embaucher un second salarié ».
Mais trouver du personnel n’est pas chose aisée. « En 2021, on a trouvé notre première salariée par le bouche-à-oreille, d’abord pour un remplacement ». Puisqu’elle fait l’affaire, l’exploitation fait le choix de lui proposer un CDI, « alors qu’on n’en aurait eu vraiment besoin qu’un an plus tard ». Et quand elle déménage, ses employeurs lui proposent de réaliser son temps plein sur 4 jours par semaine, avec une pause d’une heure pour le déjeuner, qu’elle prend sur l’exploitation. « C’est gagnant-gagnant », estime Léo. « Elle a un trajet de moins par semaine ». Et une fois fini le travail d’astreinte autour du troupeau, elle peut aussi terminer un autre chantier, comme des clôtures, ce qu’elle n’avait pas le temps de faire jusqu’ici. « Si besoin, c’est aussi ces jours-là que nous nous absentons : elle est autonome ».
« L’an dernier, la conjoncture laitière était bonne et incitait aux projets ». En plus de l’intéressement, basé sur des critères techniques, l’exploitation a aussi mis en place un PEE, un plan d’épargne entreprise. De quoi fidéliser la salariée en place mais aussi des arguments qui devraient peser dans la balance quand viendra l’heure de recruter un second salarié.
Le Crédit agricole, véritable partenaire
C’est donc tout naturellement que Léo a à nouveau fait confiance à la banque verte au moment de son installation. Un choix qu’il ne regrette pas. « Le conseiller a changé juste avant mon installation… Mais tout s’est super bien passé ».
Le futur éleveur a apprécié les rendez-vous réguliers avec son banquier, permettant de faire coller le financement au plus juste des besoins. « Il m’a accompagné tout au long du projet et a toujours été très réactif », rajoute Léo, qui a apprécié de travailler « avec un véritable partenaire ». Et une fois les investissements réalisés, « il est aussi venu voir sur place ce que ça donnait ».
« Léo maîtrisait bien tous les chiffres de son installation », répond Ludovic Coué qui, lui aussi, a apprécié d’échanger avec un jeune « dynamique et intéressé par plein de sujets ».
« L’exploitation a appris à gérer des salariés et se prépare à la prochaine étape, le départ en retraite de l’un des associés », rajoute le chargé de clientèle agricole au Crédit agricole du Morbihan. « Elle préfigure la ferme de demain. Nous ne pouvions qu’être confiants ».