[Témoignage] Des composés de la pêche aux effets fongicides contre la moniliose - Pleinchamp

[Témoignage] Des composés de la pêche aux effets fongicides contre la moniliose

Témoignage de Marie-Noëlle Corre, Inrae, sur les travaux de l'unité Génétique et amélioration des fruits et légumes (GAFL), sur l'interaction monilia - pêcher.

« La moniliose, ou pourriture brune, est une des maladies les plus dommageables sur pêcher et autres espèces du genre Prunus. Elle peut provoquer jusqu’à 30 à 40 % de pertes de récoltes. Nous travaillons à Inrae GAFL sur l’interaction monilia-pêcher pour proposer à terme des variétés présentant des résistances. Lors de travaux antérieurs, des corrélations négatives ont été observées entre la probabilité d’infection au cours du développement du fruit et la présence de certains composés des fruits comme l’acide chlorogénique et ses isomères, composés majeurs de l’épiderme. Au cours de trois stages de Master financés par le GIS Fruits en 2018, 2019 et 2020, les étudiants ont évalué par des tests in vitro l’effet fongicide de ces composés. Pendant ces stages, beaucoup de protocoles ont été développés, ce qui permettra une extension à d’autres composés mis en évidence dans les études précédentes. Nous avons travaillé sur des molécules pures, lorsqu’elles sont disponibles, mais aussi des extraits naturels de surface de fruits préparés au laboratoire. Leur effet a été évalué in vitro sur deux souches de champignon, Monilinia laxa et Monilinia fructicola. Deux approches ont été abordées pour tester l’effet des composés sur la croissance du champignon et sur la production des enzymes nécessaires à la pénétration dans le fruit. Nous n’avons pas observé de toxicité directe des composés testés. Par contre, ils peuvent affecter différentes fonctions du champignon. Par exemple, l’acide chlorogénique favorise le développement du mycélium mais diminue la sporulation. Il diminue également la production des enzymes nécessaires à la pénétration du champignon dans le fruit. Ainsi, ces composés pourraient limiter la propagation de la maladie en réduisant l’inoculum dans le verger mais aussi en diminuant la pénétration dans les fruits. Ces résultats méritent d’être pris en compte dans les programmes d’amélioration variétale pour la résistance à la pourriture brune mais aussi pour la création de variétés qui cumulent des résistances aux autres maladies du pêcher. »