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Lundi 27/04/2026
[TÉMOIGNAGE] Près de Saint-Brieuc, Corentin Morin, un projet bien cadré pour démarrer sereinement
Installé depuis le 1er janvier 2025 à Plédran, Corentin Morin a repris une exploitation laitière dans des conditions idéales. Le jeune éleveur a construit son projet avec rigueur.
On pousse la porte de la laiterie. Ici, tout est impeccable. Les surfaces brillent, le matériel est rangé, chaque chose semble à sa place. Une impression qui ne doit rien au hasard. « Quand je suis arrivé, la ferme était propre, impeccable. Il faut continuer, je reste dans cette ligne », glisse Corentin Morin, 28 ans, installé depuis le 1er janvier 2025 à Plédran. Et en parcourant la stabulation, le hangar à matériel ou les zones de stockage des fourrages, le constat est le même : ici, tout est net. À l’image de l’agriculteur, qui a aussi voulu « mettre du propre » dans son installation, son financement et ses assurances.
Une installation mûrement réfléchie
L’histoire commence pourtant bien avant ce 1er janvier. Petit-fils et neveu d’agriculteurs, Corentin Morin n’est pas issu directement d’une famille d’exploitants. « Mes parents ne l’étaient pas, mais ils le sont devenus depuis », sourit-il. Présents à ses côtés, ils donnent régulièrement un coup de main, le soir ou le week-end, « toujours dans la bonne humeur ».
Très tôt, le jeune homme sait qu’il sera agriculteur. Après un BTS Acse à La Ville Davy, il enchaîne les expériences salariées de 2017 à 2025. « J’ai toujours voulu être à mon compte. Avant de m’installer, j’étais déjà autour de la table, je gérais les cultures dans l’exploitation où je travaillais. Les patrons me faisaient confiance. »
La ferme qu’il reprend, il la connaît déjà. Un stage de troisième, quelques remplacements… et surtout une proximité familiale : elle se situe à seulement 1,5 km de celle de ses oncles et de sa tante. « Quand j’ai su qu’elle était à vendre, j’ai hésité. Je ne voulais pas leur tomber dessus. Et puis mon oncle m’a dit : vas-y, fonce. » Une visite le 1er janvier 2024, quelques échanges, puis des vacances pour réfléchir. Le projet est lancé.
Le défi du financement
Premier obstacle : le financement.
Le projet est conséquent : 900 000 € pour la maison et l’exploitation. Corentin arrive avec 90 000 € d’apport : 30 000 € prêtés par ses oncles, 40 000 € par ses parents et 10 000 € qu’il apporte. « Mon objectif, c’était de les rembourser le plus vite possible. Un an après, mes oncles sont remboursés et j’ai déjà rendu la moitié à mes parents. »
Pour François Briend, assureur professionnel et agricole au Crédit Agricole, le dossier allait bien au-delà des chiffres. « Quand quelqu’un vient nous voir pour une installation, ce qui compte, c’est la personne qu’on a en face. Le profil. Corentin n’est pas isolé : il sait s’entourer, partager, demander de l’aide. On l’a tout de suite compris. »
Un réseau solide et une ferme ouverte
Car Corentin Morin n’avance jamais seul. Ses oncles, ses parents, ses frères… mais aussi ses voisins et ses anciens employeurs. « Avant d’épandre mon fumier, je vais prévenir les voisins. C’est la moindre des choses, et ça permet de garder de bonnes relations. »
L’entraide est omniprésente. « Pour les ensilages, j’adore ces moments. Il y a mon ancien patron, des copains… on fait ça ensemble. » Une convivialité que confirme François Briend : « Avant même son installation, il nous parlait déjà de ces moments-là ».
Engagé localement, le jeune éleveur est devenu, en un an secrétaire de la Cuma, et élu à la commune. Il participe aussi à différents groupes d’échanges. « J’aime partager, discuter. »
Sur l’exploitation, l’ouverture est aussi une valeur forte. « J’adore accueillir du monde, voir des enfants toucher les veaux. Mais ça veut dire zéro erreur : tout doit être sécurisé. » Caméras, organisation rigoureuse… ici encore, rien n’est laissé au hasard.
Performances techniques et choix assumés
L’exploitation compte aujourd’hui 60 vaches Prim’Holstein sur 75 hectares. La référence laitière est passée de 450 000 à 750 000 litres. « Cette volonté d’augmenter la production a été prise en compte dès le départ. Notre volonté est de travailler en synergie, au service de Corentin », souligne François Briend.
Côté alimentation, Corentin fait des choix précis : « Deux tiers d’herbe, des matières premières de qualité : soja pur, maïs grain. » Résultat : « En un an, certaines vaches sont passées de 25 à 39 kg de lait. Ça prouve qu’on peut faire du lait en salle de traite avec une bonne stratégie. »
Le parcellaire est groupé : 26 hectares autour de la ferme, 17 hectares de pâture à 1,5 km. Et déjà, des pistes d’amélioration : génétique, génotypage, modernisation de l’élevage des génisses.
L’assurance, une évidence construite
Au départ, la question de l’assurance n’est pas une priorité. « Ce n’était pas du tout dans ma tête. C’est venu avec le financement. »
Très vite, l’évidence s’impose : protéger l’outil de travail. « On assure le matériel, les bâtiments… c’est ce qui me fait vivre. Et les vaches aussi : une lactation à 11 000 litres, ça a une valeur. »
Pour François Briend, l’approche est globale : « Il faut aussi penser à la prévoyance du chef d’entreprise, aux aléas climatiques avec l’assurance prairie, aux risques d’intrusion… »
Le lien de confiance est central. « Je l’appelle, je laisse un message et je sais qu’il me rappellera. Je peux compter sur lui », assure Corentin. « Notre volonté, c’est de travailler en synergie avec le conseiller bancaire agricole, au service de Corentin », complète l’assureur.
Une dynamique tournée vers l’avenir
Un an après son installation, les résultats sont au rendez-vous. « Je suis en avance sur mes prévisions. Je gagne correctement ma vie. Mais je me suis donné les moyens, je me suis mis la pression. »
Corentin Morin ne manque pas de projets : agrandissement de la stabulation, modernisation de l’élevage des génisses, voire une association à plus long terme. « J’ai besoin de projets. »
Il peut aussi compter sur la relève. Depuis septembre, une apprentie, Noémie, l’accompagne. « Pourquoi pas l’embaucher à la fin de son CS lait ? »
Et puis il y a la famille. Son petit frère Louis, qui « il y a dix ans jouait surtout à la PlayStation », conduit aujourd’hui un troupeau de 60 vaches et assure parfois la traite du dimanche soir. Un autre frère, salarié au Sdaec, vient aussi prêter main-forte.
« On a toujours senti chez Corentin une passion. Il est serein et voit l’avenir avec confiance », conclut François Briend.
Dans la laiterie, rien n’a bougé depuis le début de la visite. Tout est toujours aussi propre. Comme un symbole. « J’ai démarré dans des conditions idéales. J’ai mis mon bleu, mes bottes… et ma valise dans la maison », sourit l’éleveur.
Aujourd’hui, il le dit simplement :