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Mardi 07/07/2026

Troisième canicule en six semaines : 61 départements en alerte orange, 37 en crise sécheresse

Publié par Pleinchamp

Pour la troisième fois en six semaines, la France est confrontée à une flambée du mercure, avec les trois quarts du pays en vigilance canicule mardi 7 juillet, quelques jours seulement après une vague de chaleur historique.

Ces températures s'accompagnent d'un « danger de feux persistant » selon Météo-France, alors que des centaines de pompiers luttent toujours contre l'incendie, « stabilisé » mais « pas complètement fixé » selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui a entraîné l'évacuation de 10 000 personnes dans les Pyrénées-Orientales.

La chaleur va « gagner du terrain vers le nord et l'est » mardi 7 juillet, selon Météo-France qui a étendu la vigilance orange à 61 départements, du Finistère à la Savoie en passant par Paris - dix autres sont en jaune.

Météo-France a étendu la vigilance orange à 61 départements mardi 7 juillet.

Un phénomène qui s'accélère depuis 2010

La dernière vague de chaleur a fait suffoquer des millions de personnes à la fin du mois de juin, le plus chaud jamais enregistré dans le pays après une canicule déjà inédite en mai. La France en a connu une cinquantaine depuis 1947, dont la moitié depuis 2010, signe d'une fréquence accrue de ces phénomènes.

Ce nouvel épisode de chaleur risque d'être « intense et durable », même si les modèles divergent davantage cette fois-ci, souligne le prévisionniste Thibault Corouge.

La réaction politique face au changement climatique

Ces épisodes répétés ont conduit les députés écologistes à déposer une motion de censure contre le gouvernement Lecornu, auquel ils reprochent d'avoir « aggravé » les « vulnérabilités du pays » face au changement climatique. Elle a été largement repoussée le 6 juillet à l'Assemblée.

Des critiques virulentes avaient émergé dans l'opposition le mois dernier contre la lenteur des investissements nécessaires à l'adaptation des écoles ou hôpitaux. Le gouvernement a défendu son bilan, avec la création du Fonds vert en 2023 pour financer les projets des collectivités territoriales, mais dont les dotations ont été lentement réduites.

Dans une tribune publiée le 6 juillet par le journal Le Monde, plusieurs dizaines de scientifiques français, rejoints par des économistes et des personnalités, ont réclamé « une loi d'urgence climatique » face à ce qu'ils qualifient d'« emprise de l'industrie fossile », responsable du réchauffement climatique à l'origine de la multiplication des vagues de chaleur.

Les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, ont montré les climatologues.

Secteur sanitaire : le niveau d'alerte maximum maintenu

Certains secteurs comme la santé sont particulièrement vulnérables aux fortes températures. Pour Nicolas Revel, directeur général des hôpitaux publics parisiens (AP-HP), la situation justifie « de rester en alerte », tandis que le nombre de lits ouverts sera réduit pendant les vacances.

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a maintenu le niveau 3 du plan Orsan, le plus élevé pour la mobilisation sanitaire, qui avait été activé le 25 juin. Durant la semaine torride du 22 juin, le nombre de décès a augmenté de 30%, touchant en majorité des personnes âgées vivant à domicile, selon l'agence Santé publique France.

Agriculture : rendements catastrophiques et restrictions d'eau

La sécheresse qui frappe certains départements affecte les activités agricoles. « Le cumul d'inondations au printemps, de canicules particulièrement précoces (...) rend les choses inédites », a déclaré le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau. « L'Occitanie a des rendements catastrophiques. Les Deux-Sèvres et les Charentes ont des résultats extrêmement médiocres », a poursuivi le patron du syndicat d'exploitants, évoquant une hécatombe dans des élevages de volailles.

Les cultures sont également exposées aux incendies, dont le risque est jugé « très élevé » mardi dans trois départements (Deux-Sèvres, Vaucluse et l'Essonne).

Au 7 juillet, les deux tiers du territoire métropolitain étaient concernés par des mesures de vigilance ou de restriction d’eau. 37 départements sont placés au moins partiellement en situation de crise, soit deux fois plus qu’en 2025 à la même date. Pour rappel, en situation de crise, seuls les usages prioritaires de l’eau sont préservés. Les prélèvements en eau pour l’agriculture sont totalement ou partiellement interdits (l’abreuvement des animaux fait partie des exceptions), de même que de nombreux usages domestiques et pour les espaces publics.

Selon Météo-France, les sols sont encore plus secs que ceux observés en 2022 ou 2025 à la même période et se rapprochent des niveaux records de sécheresse.

Départements concernés par les restrictions d'eau au 7 juillet 2026 (source : vigieau.gouv.fr)