Téléchargez la nouvelle application Pleinchamp !
Vendredi 03/07/2026

« Un été déjà sous haute tension ». La conjoncture bovine vue par Acti-Ouest

Publié par Acti Ouest

Sous le dôme de chaleur qui recouvre une grande partie de l’Europe, les températures ont atteint des niveaux historiques, avec des pics à plus de 40°C, avec des conséquences qui seront douloureuses pour le monde l’élevage.

Conjoncture – L’inquiétude est grande pour le monde agricole, qui voit se multiplier les restrictions d’eau. Le maïs, qui est la base de l’alimentation bovine souffre énormément avec un stress hydrique et thermique en pleine période de floraison. Les maïs non irrigués seront fortement impactés, mais ceux qui sont arrosés le seront également. Les volumes et la qualité ne seront sans doute pas au rendez-vous dans deux mois. Au niveau des herbages, la situation est également très préoccupante, la chaleur et le vent ont eu un effet sèche-cheveux sur les prairies, qui ont grillé en quelques jours. L’affouragement des animaux est reparti dans les régions les plus touchées. Mais ce qui est le plus préoccupant, ce sont les conséquences du stress thermique sur les animaux, avec des pertes de fécondité et de croissance, avec des retombées économiques douloureuses pour les éleveurs. Nous ne sommes qu’au début de l’été et déjà trois canicules auront frappé.

Une nouvelle décapitalisation est à prévoir, avec les conséquences que l’on connaît déjà sur la chaîne de production. Des éleveurs vont décharger les prairies en vaches et la croissance des broutards sera impactée pour l’automne. Les engraisseurs vont surveiller de près leurs stocks fourragers, mais ce qui est le plus préoccupant c’est que tout cela s’inscrit dans une phase déflationniste des prix de la viande (il y a un an, les éleveurs ont surmonté la canicule avec des tarifs très attractifs).

Cette succession de coups de chaleur a fait chuter les ventes de produits carnés dans les magasins au profit des fruits et légumes (qui sont également impactés par les hautes températures).

L’activité tourne au ralenti, avec des Français qui attendent la fin de l’année scolaire, cloîtrés dans des appartements surchauffés où la nuit est troublée par la coupe du monde de foot.

Les températures plus clémentes de cette semaine vont permettre de refroidir les maisons, mais la chasse aux climatiseurs reste une préoccupation pour bon nombre de familles qui en ont les moyens.

Le lancement de la saison estivale devra attendre la mi-juillet. Les industriels de la viande font le dos rond et limitent leur activité à ce qui est commandé. Les stocks de catégoriels sous vide, comme les rumstecks ou les tendes de tranches de race à viande gonflent. Le minerai pour le steak haché est ponctuellement moins demandé, ce qui permet aux industriels de reconstituer leurs stocks (en congélation) pour la rentrée.

Il ne faut pas oublier qu’une large partie de la consommation de viande passe par la restauration hors domicile où le maillage local est important pour les éleveurs qui ont gardé une proximité avec des restaurateurs engagés dans un approvisionnement local. Sauf que l’inflation des prix de la viande auprès des restaurants reste un frein sérieux à la vente, avec des plus-values souvent constatées sur les pièces à griller. Les restaurants spécialisés sur ce secteur d’activité souffrent.

Cliquer ici pour retrouver tous vos cours sur le bétail vif