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Vendredi 25/09/2026

« Va-t-on vers une nouvelle crise majeure de l'élevage ? » La conjoncture bovine vue par Acti-Ouest

Publié par Acti Ouest

Avec une sécheresse sans précédent, des carburants qui flambent, des stocks fourragers amoindris et des attaques qui resurgissent, 2027 sera très compliquée pour le monde de l’élevage.

Conjoncture – Le SPACE est passé, place au Sommet de l’Élevage (du 06 au 9 octobre), dans un climat de très forte inquiétude au regard de conditions climatiques dramatiques pour les cultures et les prairies. Les éleveurs ont largement prélevé dans leurs stocks fourragers avant la période hivernale. Sur lesquels, ils ne pourront pas compter pour maintenir des animaux dans les herbages.

Des ajustements de cheptel sont nécessaires, même si les éleveurs font tout pour maintenir leur potentiel de production. Les implantations des cultures de colza, de raygrass et autres cultures dérobées sont mises à rude épreuve avec des sols très secs. Pour les blés, il faut croiser les doigts, car les prévisions pluviométriques sont peu encourageantes avant la mi-octobre. Pour rappel, le phonème El-Niño devrait perdurer jusqu’en février. En dehors des problèmes météorologiques, ce sont les coûts d’implantation des cultures qui vont exploser avec l’envolée des carburants (même s’il y a des aides).

L’eau et sa maîtrise resteront donc le sujet le plus important des années futures.

Du côté de l’élevage, on ne connaît pas encore l’intégralité des répercussions des gros coups de chaleurs de cet été sur les naissances à venir, mais des baisses sont à prévoir. La recrudescence de la FCO dans le Sud-Ouest, de la MHE et du virus Shamonda présent déjà dans 41 départements, sans présenter à ce jour une explosion inquiétante de cas, est préoccupante. Cette maladie, sans vaccin à ce jour, est surveillée de très près par les autorités sanitaires, car elle est difficilement détectable. Les signes les plus fréquents sont fièvre, abattement, diarrhée et baisse de la production laitière. Les avortements et les malformations fœtales sont à surveiller.

Les éleveurs n’ont pas besoin d’un nouveau fléau, après cette année très éprouvante.

Du côté des industriels, les volumes de vente ont globalement baissé tout l’été avec des canicules à répétition qui ont principalement impacté le steak haché. Les niveaux élevés des prix dans les magasins et la crise budgétaire avec la flambée des carburants ne vont rien arranger. Une partie des ménages, les moins aisés, ont fortement réduit ou même supprimé la viande bovine de leurs achats. Néanmoins, cette rentrée fait également apparaître une certaine tension sur les filets de bœuf, avec des volumes d’abattages mesurés dans le secteur allaitant. Les stocks générés cet été ont été épurés, et l’interdiction des importations brésiliennes sur le marché européen a quelque peu rebattu les cartes. Sur le premier semestre, les importations européennes ont progressé de 16 % et 85 % de ces viandes venaient du Mercosur (Brésil en tête).

Après des volumes conséquents d’abattage cet été, avec la sécheresse, les industriels s’attendent à un net recul de l’offre cet automne et la fin de l’année. Tout est toujours question d’équilibre, l’offre actuelle en réformes laitières est suffisante pour la demande avec beaucoup de sorties sur la Bretagne après les ensilages de maïs. Ces animaux manquent trop souvent de finition et cela ne va pas s’arranger. En revanche, le secteur allaitant se maintient sans trop de difficulté. C’est dans le jeune bovin que les lignes peuvent rapidement bouger, car les tarifs actuels sont attractifs par rapport aux vaches de même qualité.

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