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Lundi 21/09/2026
Assurance récolte : face au refus massif des agriculteurs, l'État contraint de renflouer le fonds d'urgence et menace de la rendre obligatoire
Malgré une prise en charge de 70 % par l'État, l'assurance agricole ne convainc pas les exploitants. Trop chère ou trop floue, elle laisse place à l'ISN comme véritable protection contre les aléas climatiques.
"Il faut impérativement que les agriculteurs français s'assurent", a lancé mardi la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, mais, pour les syndicats, encore faudrait-il que l'assurance actuelle fonctionne pour indemniser les prairies grillées par la sécheresse et les canicules. Elle a rappelé que "neuf éleveurs sur dix ne sont pas assurés, huit agriculteurs sur dix ne sont pas assurés", posant même la question de rendre l'assurance obligatoire pour certaines filières. Un des principaux leviers pour indemniser les céréaliers confrontés à des pertes de rendement et les éleveurs dont les prairies n'ont pas poussé est l'assurance récolte. Les cotisations pour cette assurance sont prises en charge à 70 % par l'Etat, notamment via des fonds européens, pour justement inciter les agriculteurs à s'assurer.
L'ISN, filet de sécurité face aux pertes exceptionnelles
Le dispositif d'indemnité de solidarité nationale (ISN), abondé par l'Etat, permet de couvrir 90 % des pertes les plus élevées pour les assurés mais couvre aussi les non-assurés, à hauteur de 30 %, quand des pertes exceptionnelles de 30 % (pour les prairies) à 50 % (pour les grandes cultures et les légumes) sont constatées. Dans le cadre du plan sécheresse, le gouvernement a dû, comme la loi l'y oblige, renflouer l'ISN de 400 millions d'euros pour atteindre une enveloppe de 520 millions destinée à indemniser les pertes. L'enveloppe dédiée à ce fonds avait été divisée par près de deux dans le cadre du budget 2026. La question se pose du montant qui lui sera dédié en 2027.
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Opaque, incertaine, coûteuse, les agriculteurs questionnent cette assurance
"Si beaucoup ne s'assurent pas, c'est qu'il y a un doute sur l'efficacité et l'ISN va être un exercice grandeur nature cette année", a déclaré à Rennes Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, syndicat dominant du secteur agricole français. "Face aux accidents de voiture, on prend tout un tas de mesures pour faire en sorte qu'ils n'arrivent pas. Là c'est pareil, l'assurance n'est pas une réponse durable", a déclaré à l'AFP François Walraet, secrétaire général de la Coordination rurale. Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne, a lui dénoncé des seuils de déclenchement "trop bas", qui excluent notamment les petits maraîchers pour qui, il est trop cher de s'assurer. Selon lui, la prise en charge des cotisations par des fonds publics abonde les assurances privées au lieu de revenir aux agriculteurs. Tous dénoncent le satellite chargé de mesurer la pousse des prairies pour déclencher les indemnisations. "Il est abusif de dire qu'il ne fonctionne pas", a répondu la ministre, disant pour autant "entendre" la demande des éleveurs et le besoin de le "fiabiliser".