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Lundi 21/09/2026
La sécheresse des sols persistante, le spectre d’une année 2026 bis
Après avoir sabordé la production fourragère et toutes les cultures de printemps sans exception, la sécheresse persistante hypothèque le destin du colza et retarde la préparation des semis de céréales, sans exclure une année 2026 bis.
« L’indicateur national de sécheresse des sols se situe à un niveau encore jamais observé pour une mi-septembre sur de nombreux départements. Les précipitations de fin août ont permis une amélioration temporaire de la sécheresse des sols, mais insuffisante ». Tel est le constat dressé par Météo-France, qui évoque également un danger de feu persistant sur une partie du territoire, notamment dans l’Aude, classé en niveau de risque rouge à la mi-septembre. « Un tel niveau n’avait jamais été atteint en septembre depuis la mise en place de la Météo des forêts en 2023 », précise le prévisionniste.
Selon Aléapluie, un service développé par les instituts techniques (Acta, Arvalis, Terres Inovia, Idele) et Météo-France, la probabilité d’une somme de précipitation supérieure à 30 mm d’ici au 3 octobre 2026 est relativement faible sur l’ensemble du territoire.
Les colzas en souffrance, la préparation des blés en suspens
Si la pousse d’herbe demeure inexorablement sur cale, il est encore trop pour mesurer l’impact de la sécheresse persistante sur les niveaux de surface emblavées en colza, et parmi elles, sur les parcelles qui seront en conditions optimales pour affronter l’hiver et préserver leur potentile de rendement.
Au plan sanitaire, Terres Inovia mentionne notamment des attaques de larves de punaises polyphages sur une grande partie du territoire, qui trouvent dans les jeunes pousses de végétaux encore verts alors que leurs plantes hôtes se dessèchent ou disparaissent. « Aucune spécialité phytopharmaceutique n’est actuellement homologuée spécifiquement contre ces punaises sur colza, précise l’institut technique. Les substances actives testées jusqu’à présent ont montré une efficacité très limitée en raison de populations très importantes, d’insectes très mobiles, et aucune solution prometteuse n’a été identifiée à ce jour ».
Si les semis de blés laissent encore de larges fenêtres d’intervention, la sécheresse persistante ne permet pas d’avancer dans les chantiers d’intervention tout en contrariant la pratique du faux semis. « Les sécheresses intenses, comme celles de 2022, deviendront fréquentes en été et en automne, et pourront même s’étaler sur plusieurs années consécutives » prévient Météo-France
El Niño record
Aux conséquences du changement climatique, s’ajoute El Niño, phénomène naturel se produisant tous les 2 à 7 ans et précisément en ce moment, et qui se caractérise par un réchauffement des eaux du centre et de l’est du Pacifique équatorial, modifiant la circulation atmosphérique et, par ricochet, les températures et les précipitations à l’échelle planétaire. « El Niño s’est solidement installé et va s’intensifier, pour devenir un phénomène de très forte intensité dans les mois à venir, avec des répercussions importantes sur les régimes de température et de précipitations, ainsi que sur les risques associés d’inondations, de sécheresses et de chaleurs extrêmes », a averti début septembre l’Organisation météorologique mondiale (OMM). L’apogée du phénomène est attendue pour la fin de l’année mais ces incidences se font ressentir des mois durant, du fait de la chaleur emmagasinée dans le Pacifique.
