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Vendredi 30/01/2026

Vers une baisse des volumes en réformes laitières

Après un début d’année, très correcte en volumes, les opérateurs intermédiaires de la filière de l’élevage craignent une chute de volume pour les semaines à venir.

Conjoncture – Que ce soient les industriels de la viande, les intégrateurs de veaux, les engraisseurs de jeunes bovins ou les filières export, chacun observe une raréfaction de l’offre. Causée dans un premier temps par la décheptellisation de la ferme France, cette baisse des disponibilités a été renforcée par les conséquences des épizooties de FCO et de MHE. Les entrées en production de génisses ont ainsi été perturbées, de même que les performances reproductives des vaches, pouvant conduire à des décisions de réforme précoce.

Ce constat de perte de production ne se cantonne pas seulement à la France, car nos voisins européens sont dans le même train, avec une baisse importante du troupeau laitier, et par conséquent des veaux pour la filière vitelline. En 8 ans, l’Allemagne a perdu 14 % de vaches (soit 600 000 reproductrices), la France enregistre un -11 % de laitières et -15 % d’allaitantes (soit plus d’un million de vaches), L’Irlande a également perdu 5 % de son cheptel.

Cependant, la tension qui se renforce sur la filière laitière, avec des baisses de prix annoncé et une demande de la Commission européenne de réduire la production (après l’avoir encouragée), pourrait conduire à une mise à la réforme plus précoce de vache. Cela ne va pas enrayer les prévisions baissières publiées par l’IDELE, mais elle peut faire évoluer la courbe et décaler la dépression des volumes, dans le temps.

Ce début d’année se caractérise par une offre suffisante, provoquée par le décalage neigeux en début de mois et par une demande qui se tasse sur la seconde moitié du mois. On peut noter la belle performance des promotions de viande porcine dans les magasins avec des tarifs très attractifs.

Si les entreprises disent ne pas manquer de viande, elles appréhendent néanmoins les prochaines semaines, surtout pour la reprise après les vacances d’hiver.

Les entreprises de négoce qui approvisionnent les abattoirs ont très peu de marchandise à leur disposition. Si pour le moment, les tarifs sont relativement maîtrisés dans les réformes laitières, la concurrence tend à se renforcer dans les campagnes.

La crainte d’une nouvelle envolée des prix est bien présente chez les industriels et les distributeurs. Car une chose est sûre, ces plus-values bénéfiques pour les éleveurs finiront sur les étals, avec une tranche de la population qui aura de plus en plus de mal à financer la viande rouge. Le nerf de la guerre restera le niveau de valorisation de la viande hachée ou transformée qui représente plus de 60 % de la consommation de viande bovine en France.

Les conséquences des épizooties sont également très sensibles sur le cheptel allaitant, mais la rétention préventive de génisses face à ces maladies devrait conduire à une atténuation de la baisse des volumes cette année. La dermatose nodulaire a également provoqué une rétention forcée d’animaux dans les élevages. Ces derniers vont progressivement être libérés avec l’amélioration sanitaire et la libération des zones réglementées. La dernière en date étant l’Occitanie après la Bourgogne-Franche-Comté. Néanmoins, l’érosion persistante du cheptel allaitant, conduit à maintenir la tendance haussière déjà observée l’an passé. Quid de la répercussion de ces hausses dans les rayons des magasins et des boucheries ?

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