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Vendredi 23/10/2026
Vous l’aviez manqué ? Christophe Hansen rappelle les priorités de l’Europe pour les éleveurs
Sécheresse, aides de la PAC, élevage de montagne, valorisation des productions, conditions de travail… Au Sommet de l’élevage 2026, le commissaire européen à l’Agriculture et à l’Alimentation a défendu plusieurs leviers pour renforcer la résilience des exploitations et préserver l’avenir de la filière.
« L’Europe a besoin de votre travail. Elle a besoin d’un élevage résilient, compétitif et durable. » Dans son intervention aux éleveurs, Christophe Hansen, commissaire européen à l’Agriculture et à l’Alimentation, insiste sur la nécessité de donner aux exploitations les moyens de faire face aux crises et de préparer l’avenir. « L’élevage français, c’est une force de notre agriculture et de nos territoires. Derrière cette force, il y a surtout des femmes et des hommes, des familles, des savoir-faire », rappelle-t-il. Face aux sécheresses, aux incendies et aux maladies animales, il évoque notamment sa visite dans une exploitation de bovins limousins en Moselle, où un jeune éleveur avait déjà dû bien entamer ses réserves de fourrage pour l’hiver. « Le fourrage n'est pas un détail technique, c'est la capacité d'une exploitation à traverser une crise. »
>> Voir aussi : La vraie campagne de 2027 sera celle du fourrage, ou les éleveurs finiront sur la paille
L’élevage de montagne doit rester prioritaire dans la PAC
Christophe Hansen défend le maintien des soutiens couplés aux productions animales et de l’ICHN. Il insiste sur la place des élevages de montagne et des territoires soumis à des contraintes naturelles dans la répartition des aides. « Pour les zones de montagne et les zones difficiles, nous maintenons l'indemnité compensatoire et nous leur donnons la priorité dans la répartition des aides. » Cette position s’inscrit dans les discussions sur la prochaine PAC 2028-2034, dont les modalités définitives restent à préciser. Le commissaire européen rappelle également que l’élevage représente un enjeu économique majeur pour l’Union européenne : « Je vous le dis clairement, l'élevage compte pour l'Europe. Il représente 40% de la valeur ajoutée agricole européenne, 400 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 7 millions d'emplois. »
Eau, fourrages, assurances : mieux anticiper les crises
Pour Christophe Hansen, la réponse ne peut pas se limiter aux aides d’urgence. « La résilience, ce n'est pas seulement réparer après la crise, c'est se préparer avant qu'elle ne survienne. » Il appelle à investir dans l’eau et les infrastructures, pour « utiliser chaque ressource avec davantage d'efficacité ». Il souhaite également renforcer la gestion des risques et répondre aux déficits d’assurance. « C'est tout le sens de notre future initiative européenne pour l'eau et notre travail sur la gestion des risques », explique-t-il. Le commissaire européen rappelle aussi le soutien exceptionnel de 540 millions d’euros destiné à faire face à la hausse des coûts de l’énergie et des engrais. Une réponse d’urgence qui doit compléter les investissements de long terme nécessaires à l’adaptation des exploitations.
Mieux valoriser les productions européennes
« La qualité de l'élevage européen, nos standards, nos savoir-faire, nos territoires, ce sont des atouts. Ils doivent être reconnus et mieux valorisés auprès des consommateurs. » Pour y parvenir, Christophe Hansen évoque une proposition visant à faire évoluer les règles des marchés publics afin de mieux valoriser les filières régionales. Il annonce également une grande campagne européenne de promotion de la qualité des produits pour 2027.
Ces orientations s’inscrivent dans la première stratégie européenne pour l’élevage, adoptée par la Commission le 7 juillet 2026. Pour le commissaire, il s’agit aussi de redonner de la visibilité aux éleveurs. Il rapporte ainsi les propos d’un jeune éleveur rencontré en Moselle, qui lui avait confié ce que l’Europe pouvait faire pour lui : « Il ne m'a pas parlé d'abord d'argent. Il m'a dit redonner confiance valoriser notre métier et nous donner une vision à long terme. »
« Un éleveur doit aussi pouvoir prendre des congés »
Dernier volet de ses propositions : les conditions de travail. Christophe Hansen souhaite intégrer les services de remplacement dans les dispositifs de soutien. « Pour la première fois, nous proposons d'intégrer des services de remplacement, car un éleveur doit aussi pouvoir prendre des congés. » La transmission du métier constitue également une priorité. « Et elle doit vous donner les moyens de transmettre ce métier aux générations qui viennent. C'est notre engagement », conclut le commissaire européen.