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Le pâturage, doublement durable en lait

Raphaël Lecocq

Le pâturage, doublement durable en lait

L’efficacité économique des systèmes herbagers se double d’une relative sobriété capitalistique, propice à la transmission. C’est ce que révèle l’Observatoire technico-économique du réseau Civam.

Dans le Grand Ouest (Bretagne, Normandie, Pays de Loire), l’âge moyen des éleveurs laitiers s’établit à 50 ans. La transmission des exploitations constitue donc un enjeu majeur à moyen terme. L’Observatoire technico-économique que le réseau Civam publie chaque année depuis 2000 se double dans sa dernière livraison d’une étude sur la transmissibilité des exploitations spécialisées en lait. Elle est basée sur un panel d’exploitations relevant l’agriculture durable (AD), bio et non bio, caractérisée par une sole en maïs inférieure à 20 % à la Surface fourragère principale (SFP) et où le pâturage assure en moyenne l’équivalent de 190 jours d'alimentation en plat unique. Ce panel est comparé à l’échantillon du Réseau d’information comptable agricole (RICA) du ministère de l’agriculture, lequel ne fait pas la distinction entre conventionnel et bio.

Efficacité économique

Résultats ? Sur l’exercice comptable 2016, pour les fermes RICA, la valeur comptable, autrement dit le capital d’exploitation, est supérieur de 39% en moyenne à la valeur économique, autrement dit la capacité à rembourser. A l’inverse, pour les exploitations AD, la valeur économique est en moyenne supérieure de 12% à la valeur comptable en système conventionnel, un chiffre qui grimpe à 62% en bio. Moins capitalisées, les exploitations AD dégagent ainsi un résultat économique offrant une capacité́ à rembourser plus importante. Ce faisant, les fermes AD à reprendre sont proportionnellement plus nombreuses à respecter les repères utilisés par les banques pour accéder à l'emprunt. Analysé sous l’angle du prix d’équilibre, lequel vise uniquement le remboursement des anuité, 29% des fermes Rica sont dans le rouge sur la période 2013-2016. Elles ne sont que 6% en AD conventionnelle et 3 % en AD bio. L’étude pointe « cependant une diminution des écarts sur l’année 2016, marquée par la faiblesse des prix du lait (...). La réduction des charges n’est pas infinie et il faut aussi du produit et donc des prix pour dégager du résultat ».

Transition et transmissibilité

L'efficacité́ économique rend les systèmes herbagers plus accessibles à des repreneurs sans capitaux. Une ferme moins capitalisée offre par ailleurs plus de possibilité d'adaptation et de transformation pour des reprises avec changement de production, restructuration de l'outil, diversification des ateliers. Imaginer que le système ne sera pas repris à l'identique peut conduire à réfléchir différemment sa transmission, trouver un équilibre entre ses besoins pour bien finir sa carrière et les enjeux de bien transmettre. Les investissements réalisés en fin de carrière, par exemple, rendent-ils la ferme plus attractive sans contraindre les futurs choix du repreneur ? "Engager une transition vers un système plus économe et plus autonome, c’est faire un pas vers les générations futures", conclut l’étude.

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