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Sortie du glyphosate : 50 solutions en ligne

Raphaël Lecocq

Sortie du glyphosate : 50 solutions en ligne
Sky Agriculture

Les ministères chargés de l’Agriculture et de la Transition écologique ont mis en ligne un centre de ressources explorant les alternatives à l’herbicide. Le site ratisse large et s’enrichira au fil du temps des acquis et des expériences.

Une écimeuse pour limiter les stocks semenciers, des plantes compagnes gélives associés au colza, des rouleaux hacheurs de couverts, des socs scalpeurs de prairie, la pratique du faux semis en interculture, du désherbage mécanique en plein mais néanmoins sélectif au moyen de herses étrilles ou de houes rotatives, une bineuse à doigts pour désherbage les rangs de mais, des mulchs végétaux ou synthétiques, la pratique du pâturage dans des couverts et/ou repousses, sans oublier la charrue : telles sont quelques-unes des solutions présentées sur le centre des ressources mis en ligne le 1er février par les ministères chargés de l’Agriculture et de la Transition écologique. Les solutions prennent la forme de d’articles de synthèse, de fiches et de vidéos issues des réseaux Dephy ou encore de fiches Geco, un outil collaboratif d’échange de connaissances et d’expériences. Elles balaient toutes les filières : grandes cultures, cultures légumières et tropicales, viticulture, arboriculture, horticulture, plantes à parfum aromatiques et médicinales. Le site s’enrichira régulièrement de nouvelles fiches et de nouveaux retours d’expériences. Le centre de ressources a une toute autre portée que la plateforme glyphosate.gouv.fr,  un compteur d’ha apurés ou en voie d’apurement, lancé par le gouvernement en novembre dernier.

Changement de pied ?

La mise en ligne de centre de ressources s’inscrit dans le plan d’action visant à mettre fin aux principaux usages du glyphosate d’ici à fin 2020 et à 2022 pour l’ensemble des usages. Une formulation qui, soit dit en passant, ne contredit pas foncièrement les déclarations du président de la République le 24 janvier dernier à Bourg-de-Péage (Drôme). « Est-ce qu’on peut dire : y aura plus de glyphosate dans trois ? Impossible. Je vais pas vous mentir, c’est pas vrai. (...) Si je vous disais ça c’est simple : je tue complètement certaines filières ». Des déclarations peut-être un peu trop vite interprétées comme un changement de pied, les situations d’impasse n’ayant jamais été ignorées par l’exécutif. En 2017, à la demande expresse du gouvernement, l’INRA avait publié une rapport de 88 pages sur les usages et les alternatives au glyphosate dans l’agriculture française. Le rapport pointait environ pour 10 % des usages une situation de quasi-inféodation à la molécule, affectant l’agriculture de conservation, la production de semences, certaines productions de plein champ de légumes frais et de conserve, la culture du lin fibre (rouissage), la récolte des fruits à coque, la canne à sucre  ou encore l’exploitation de zones difficiles (terrasses, pentes, cailloux) rencontrées en vigne-arbo et dans les DOM, et peu enclines au travail mécanique. La maîtrise de certaines vivaces et plantes invasives pourrait aussi se compliquer. Reste à savoir quel sort sera réservé à ces usages en l’absence d’alternative.

Plan de sortie

Au-delà de ces cas particuliers, l’INRA n’avait pas mésestimé le défi imposé par l’abandon du glyphosate. Dans ses conclusions, le rapport faisait le constat suivant. « L’analyse des diverses situations souligne que la sortie du glyphosate ne se fera pas par l’utilisation d’une option unique pour tous, ni même d’une option technique unique pour une exploitation agricole ou un système de culture donné. C’est donc plutôt vers l’identification de combinaisons techniques adaptées localement que s’orientent les recommandations. Ceci contribue à la complexité apparente et à la charge mentale, en particulier pendant la phase de transition ». Énoncé par le gouvernement en juin 2018, le plan de sortie comporte, en plus du centre de ressources, quatre autres volets : le renforcement de l’accompagnement des agriculteurs, la mobilisation des acteurs (enseignement, Chambres d’agricultures, Civam, coopératives et négoces) pour promouvoir les alternatives, le suivi des ventes et des usages de l’herbicide, la valorisation des acquis auprès de nos voisins européens sensibles à l’initiative française. La recherche n’est pas oubliée. Depuis 2015, près de 14 projets de recherche orientés vers les alternatives au glyphosate ou la gestion intégrée des adventices ont ainsi été soutenus. L’appel à projet 2018 du plan Ecophyto, clos fin 2018, prévoit également une priorité marquée sur ce sujet.

Commentaires 28

GR26

le sel de cuisine, et sa DL50 bien plus basse, fait des millions de morts dans le monde... il favorise diabète, cholestérol, hypertension, infarctus... ajoutez y le tabac, les fumeurs meurent en moyenne 8 ans avant les non-fumeurs, or 1,1 milliard de personnes fument dans le monde... c'est donc 8.8 milliards d'années de vie en moins pour les vivants actuels... le glyphosate ça devient du baratin, tout est dit.

badlnpn

C'est l'indécision politique et le dilemme d'un choix pour la société française de l' emploi de
la chimie ou pas, sur fond de paranoïa collective entretenue médiatiquement.

Laraison

Les décisions politiques ou l'art d'être contre-productif, contradictoire tout en faisant en sorte de braquer le maximum de gens les uns contres les autres. Vive les importations ogm, le labour à outrance...

Etama

Il n'y a pas de sortie du glyphosate qui tienne . Le glyphosate tel qu'il est actuellement utilisé en France ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs et que l'on arrête de nous dire que les "AMPA" retrouvés dans les eaux de rivière sont des métabolites issus de la dégradation de cette molécule quand tout le monde sait qu'il s'agit en fait des résidus de lessives sans phosphates !! Bien d'autres produits sont bien plus toxiques que le glyphosate pour n'en citer qu'un : Le sel de cuisine possède une DL50 bien plus basse ce qui ne l'empêche pas de trôner sur toutes les tables de France et d'ailleurs !

cracra

On peux interdire le glypho en France ça ne changera rien . Tant que le libre échange est roi les Français continuerons à pisser du glypo et en avalant des OGM

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