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Vendredi 02/01/2026
2026, année internationale des parcours et du pastoralisme
Le pastoralisme, qui concerne près d’un élevage sur quatre en France, n’est pas seulement une pratique agricole. Il revêt une dimension patrimoniale, culturelle, gastronomique, comptant autant de vertus que de menaces. En France, plusieurs temps forts vont baliser l’année, dont un séminaire scientifique en mars à Montpellier et les Rencontres Pasto au Sommet de l’élevage en octobre.
En mars 2022, l’Assemblée générale des Nations Unies proclamait 2026 « International year of rangelands and pastoralists » (YYRP) ou « Année internationale du pastoralisme et des pâturages », une résolution proposée et défendue par la Mongolie, et soutenue par 60 Etats membres, dont la France. Oulan-Bator, la capitale mongole, accueillera la COP 17 contre la désertification du 17 au 28 août.
Selon la FAO, les parcours couvrent environ la moitié de la surface terrestre, fournissent des services écosystémiques vitaux, tels que le stockage de 30% du carbone terrestre et la régulation de l’eau. Ils abritent une biodiversité unique et sont le lieu de vie des communautés pastorales, dont les moyens de subsistance et l’histoire sont étroitement liés à ces terres. En déplaçant leurs troupeaux à travers les parcours, et grâce à leur vaste connaissance de l’environnement, les pasteurs utilisent au mieux les ressources disponibles pour nourrir leurs animaux et produire des aliments avec peu ou pas d’intrants, de manière résiliente et durable.
Pourquoi une année internationale ?
L’objectif de l’IYRP est d’accroître la sensibilisation du public aux services rendus par les élevages pastoraux, de briser les mythes et les idées reçues sur le pastoralisme, de reconnaître et soutenir les moyens de subsistance, les droits et les valeurs culturelles des communautés pastorales, de promouvoir la recherche, l’innovation et les coalitions pour répondre aux besoins contemporains, de faire progresser les politiques soutenant le pastoralisme, d’encourager les investissements nécessaires pour conforter les activités pastorales et de favoriser et promouvoir l’installation de nouvelles exploitations agropastorales.
En France, l’IYRP est portée par les réseaux nationaux et structures intermassifs (Association française du pastoralisme, Coram, Maison de la transhumance, Parcs nationaux, Parcs naturels régionaux…), les services pastoraux régionaux (Cerpam, Cmambres, Auvergne estivés…), les organisations collaboratives dans les massifs (Sidam, Suaci, réseau pastoral pyrénéen, Aura, Massif central, Alpin…), les gestionnaires de territoires (Causses & Cévennes, Parc naturel régional des Ballons des Vosges, Vallée de la Bruche..) et les institut technique, de recherche et d’enseignement agricole (INRAE, Idele, Institu Agro, UMT Pasto, ANEBVT).
C’est quoi le pastoralisme ?
Selon l'Association française du pastoralisme (AFP), le pastoralisme regroupe l’ensemble des activités d’élevage valorisant, par un pâturage extensif, les ressources fourragères spontanées des espaces naturels, pour assurer tout ou partie de l’alimentation des animaux.
Le pastoralisme, quelle réalité en France ?
Historiquement présent sur l’ensemble du territoire métropolitain, le pastoralisme se rencontre aujourd’hui principalement dans les massifs montagneux : Alpes, Pyrénées, Massif central, Vosges-Jura. La surface qu’il occupe est estimée entre 1,6 et 1,8 million d’hectares, soit 6% de la surface agricole), Les élevages les plus pastoraux, c’est à dire ceux pour lesquels les parcours constituent la majorité de leur surface fourragère, représentent 35.000 exploitations qui élèvent 11% du cheptel herbivore français (vaches, brebis, chèvres, chevaux). Des troupeaux sont sédentaires, d’autres se déplacent en transhumance. Au-delà de cette diversité, ils ont pour point commun la pratique d’un pâturage extensif, tout ou partie de l’année, valorisant les ressources fourragères des espaces naturels.
Bien plus qu’un mode d’élevage
Si le pastoralisme est une pratique d'élevage, il revêt aussi des dimensions culturelle, sociale et environnementale. Historiquement, il a contribué à façonner les paysages et l'organisation économique des populations rurales. Aujourd'hui encore, il concourt à l’aménagement rural et au maintien des activités sur certains territoires. Il revêt une dimension patrimoniale, au travers de la transhumance, de la figure du berger, de la typicité du bâti (cabanes, abreuvoirs, etc.), de l’entretien des paysages ouverts et de la gastronomie (signes de qualité et d’origine), autant d’éléments favorables au tourisme. Le pastoralisme joue aussi un rôle positif dans la préservation de la biodiversité et la prévention de risques naturels (incendies, avalanches.
Les défis du pastoralisme
Héritier d'une tradition paysanne, vivrière, le pastoralisme est confronté aux impératifs de compétitivité et de modernisation des structures agricoles, dans le contexte de la mondialisation. Certaines filières de l'élevage pastoral sont aussi affectées par la diminution de la consommation de viande, l’accès restreint au foncier et le difficile maintien d’équipements locaux (abattoirs, fromagerie, cabanes). À cela s'ajoutent des contraintes environnementales : changement climatique, cohabitation avec les grands prédateurs (loup, ours, lynx) etc.
Des rendez-vous sur tous les territoires et pour tous les publics
L’année sera jalonnée d’évènements à destination de tous les publics, qu’il s’agisse du grand public avec des fêtes de transhumance et des événements culturels pour faire connaître la réalité du pastoralisme aujourd’hui et sensibiliser le plus grand nombre, des professionnels et des décideurs. Parmi les dates à retenir (liste non exhaustive) :
- 6 - 8 mars (Colmar) : Festival de la race vosgienne
- 24 - 26 mars (Montpellier) : Pastoralismes : regards croisés pour l’avenir (séminaire)
- 22 - 24 avril (Marseille) : La transhumance, déplacement saisonnier des troupeaux (colloque internationl)
- 25 mai (Saint-Rémy-de-Provence) : Fête de la transhumance
- 9 - 11 juin : assises européennes de la montagne
- 25 – 26 septembre (Florac) : Festival du pastoralisme
- 6 – 9 octobre : Les Rencontres Pasto du Sommet de l’élevage