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Mardi 06/01/2026
Agroécologie : quand l'élevage et les cultures font alliance pour des sols vivants
[Vidéo] L'agriculture d'aujourd'hui fait face à un double impératif : réduire son impact environnemental et optimiser ses coûts de production. En Charentes et Charente-Maritime, une solution est en phase d'expérimentation afin de réintégrer l'élevage au cœur des cultures et des vignobles via le projet RECIT (Relations Élevages/Cultures Intra-Territoriales).
L’objectif est simple : créer des opportunités de pâturage pour les troupeaux là où ils sont absents. Cela permet de valoriser des parcelles peu utilisées ou des zones spécifiques nécessitant un entretien régulier.
Trop souvent, on pense immédiatement aux couverts végétaux semés pour le pâturage. Mais l'approche RECIT est plus souple : un animal n'a pas besoin d'un couvert spécifique. S'il y a de l'herbe, il y a de la nourriture. Cette simplicité logistique ouvre la porte à des collaborations.
Focus sur la vigne : l'efficacité des ovins
L'une des applications les plus spectaculaires de ce partenariat se trouve dans les vignes. La gestion du cavaillon (la bande de terre sous le rang de vigne) est un véritable casse-tête mécanique.
"Le viticulteur qui introduit un troupeau de brebis a un bénéfice immédiat : le nettoyage ciblé. La brebis est capable de venir nettoyer sous le rang, là où nos outils peinent, ou nécessitent des passages chronophages et coûteux," explique Élodie Brunet.
C'est une gestion de l'enherbement à la fois écologique et technique :
- Réduction du volume végétal : Le pâturage hivernal déprime l'herbe, ce qui facilite grandement l'accès des outils mécaniques au printemps, réduisant les risques de bourrage.
- Fertilisation naturelle : Les déjections animales enrichissent le sol en matière organique, améliorant sa structure et sa fertilité.
Plus qu'un nettoyage : un gain agronomique
Le pâturage favorise une couverture permanente du sol, ce qui est fondamental pour l'agroécologie :
- Captage carbone : Un sol couvert est un sol qui stocke mieux le carbone.
- Vie microbienne : Le retour des animaux et l'apport de matière organique stimulent la microflore et la macrofaune du sol, le rendant plus résilient.
En revanche, les effets ne sont pas instantanés, c'est un travail à long terme précise Elodie Brunet. "C'est sur la durée que l'on observe le retour de la vie microbienne et l'amélioration de la structure du sol."
Les avantages économiques pour l'éleveur
La transhumance intra-territoriale est aussi une réponse pragmatique aux contraintes économiques des éleveurs, particulièrement en période hivernale :
- Économie de fourrage : Les animaux consomment l'herbe des parcelles partenaires, réduisant les besoins en fourrages stockés et en concentrés.
- Gain de temps : Moins d'animaux au bâtiment, c'est moins de temps passé à l'alimentation et à l'entretien des litières.
Si l'idée de réintroduire l'élevage dans votre système de culture ou de vigne vous séduit, ne vous lancez pas seul.
"Prenez contact avec des éleveurs, imprégnez-vous de leurs contraintes. Et surtout, formez-vous ! Savoir gérer un cheptel, qu'il s'agisse d'ovins, de bovins ou même de poules, demande des connaissances spécifiques. C'est la clé pour réussir votre projet et trouver l'espèce qui convient le mieux à vos parcelles."
La Fédération des CUMA des Charentes et les partenaires du projet ( réseau CIVAM, la Fédération Régionale d'Agriculture Biologique Nouvelle-Aquitaine et Agrobio Gironde) sont là pour vous accompagner. Le projet RECIT est la preuve que l'avenir de notre agriculture se trouve dans le dialogue et la synergie territoriale.