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Jeudi 09/04/2026

Assurance prairie : désigner son interlocuteur agréé sur Télépac, même pour les éleveurs non-assurés

Publié par Pleinchamp

Pour bénéficier de la solidarité nationale en cas de fortes pertes de production sur leurs prairies, les éleveurs doivent désigner sur Télépac la compagnie d’assurance qui sera chargée du versement des indemnisations, qu’ils soient déjà assurés ou non.

La réforme de l’assurance récolte, en vigueur depuis 2023, permet à chaque éleveur, assuré ou non, de bénéficier d’une indemnisation par la solidarité nationale (ISN) en cas d’aléa climatique majeur. Pour bénéficier de l’ISN le cas échéant, les agriculteurs doivent désigner leur interlocuteur agréé, c’est-à-dire l’entreprise d’assurance qui sera chargée du versement de l’ISN.

Comme l’année dernière, la désignation de l’interlocuteur agréé se déroule sur Télépac pour tous les éleveurs, assurés ou non. La période de déclaration est ouverte jusqu’au 15 mai 2026. Pour les agriculteurs ayant déjà un contrat d’assurance récolte ou prairies sur une partie de leur exploitation, l’assureur sera d’office déclaré comme l’interlocuteur agréé. Pour les autres, le choix est laissé parmi les compagnies d’assurances qui commercialisent l’assurance prairies.

Un éleveur sur trois indemnisé en 2025

Pour les prairies, le seuil de déclenchement de l’ISN correspond à une baisse de pousse à fin octobre de 30% ou plus par rapport à la référence historique. En 2025, le manque de pluie et les températures parfois très élevées sur le printemps et pendant tout l’été ont mis à mal la pousse des prairies sur une grande partie de la France. Dans les régions allant de la frontière belge au nord des Pays de la Loire, le déficit a largement dépassé le seuil de 30% de pertes.

« En 2025, 32% des éleveurs ayant contracté une assurance prairie chez Pacifica ont été indemnisés », indique Manon Panchau, chargée de développement commercial chez Pacifica. Parmi les éleveurs non assurés ayant désigné Pacifica comme interlocuteur agréé, un tiers d’entre eux ont reçu une indemnité de solidarité nationale, pour un montant total de 33 millions d’euros.

Afin d’inciter les exploitants agricoles à s’assurer, la réforme de l’assurance a réhaussé la subvention sur les cotisations d’assurance à 70%, avec une franchise subventionnable dès 20%. Pour les non-assurés en revanche, le seuil de déclenchement de la solidarité nationale se fait à partir de 30% de pertes.

Meilleure indemnisation pour les agriculteurs assurés

En plus de ce seuil de déclenchement plus bas, le régime d’indemnisation en cas de sinistre est également plus favorable pour les exploitants assurés. Ainsi, les agriculteurs assurés sont indemnisés de 100% des pertes au-delà de la franchise choisie, contre seulement 35% pour les non-assurés. Ce taux d’indemnisation, qui était de 45% en 2023, diminue chaque année, comme prévu par la réforme de l’assurance. En cas d’aléas climatiques majeurs, le reste à charge pour les éleveurs assurés est donc beaucoup moins important que pour les non-assurés.

Cette réforme a entraîné un bond des surfaces de prairies assurées, même si les taux de couverture restent très éloignés des objectifs prévus par le gouvernement. Selon une note de la Commission des affaires économique de l’Assemblée nationale de janvier 2026, les surfaces assurées en prairies sont passées de 0,5% en 2022 à 9,1% en 2024 avant de stagner en 2025, voire régresser légèrement. L’objectif, lui, est fixé à 30% d’ici 2030. Pour 2026, Pacifica note un « bond » des souscriptions, avec un accroissement du portefeuille de 10%.

Des ajustements nécessaires

Dans leur rapport, les députés pointaient plusieurs évolutions techniques « nécessaires » pour parvenir à une large diffusion de l’assurance récolte : d’une part, allonger la période de référence de la moyenne olympique à huit ans, afin de limiter l’impact de la baisse tendancielle des rendements dans le calcul des indemnisations, et d’autre part revoir les modalités de calcul des pertes en prairie, qui s’appuient actuellement sur les images satellitaires fournies par Airbus, et dont de nombreux éleveurs contestent la faible corrélation avec la réalité observée sur le terrain.

"La ministre de l’Agriculture a obtenu une modification de la référence historique servant de base à l’indemnisation"

Sur le premier point, la requête a été entendue, fait-on savoir chez Pacifica : « La ministre de l’Agriculture a obtenu une modification de la référence historique servant de base à l’indemnisation. Dès 2027, les assurés prairies seront ainsi assurés sur la meilleure des trois valeurs entre la moyenne des 3 dernières années, la moyenne olympique des 5 dernières années mais aussi la moyenne olympique des 8 dernières années qui n’était pas calculée auparavant ».

Concernant l’indice satellitaire, l’assureur rappelle « qu’il n’existe pas de document comptable pour définir l’historique de pousse sur une exploitation ». L’appréciation des pertes par un indice satellitaire « est une nécessité pour rendre compte de l’évolution de la pousse des prairies tout au long de la campagne. Cette innovation en assurances de type indicielle nécessite néanmoins beaucoup d’efforts de pédagogie auprès des éleveurs qui, une fois le mécanisme bien appréhendé, en sont très satisfaits », souligne Pacifica.

Pour améliorer la précision de la mesure de l’indice, Pacifica indique qu’à partir de la campagne 2026, les contrats seront établis en fonction de « mailles » géographiques rassemblant des territoires homogènes, et non plus en fonction des communes. « Ce sera plus simple, plus rapide et plus précis pour les éleveurs », fait savoir Manon Panchau.